Tchernomorie

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Tchernomorie (Црно Море en macédonien - Mar Negra en nissard) Mer Noire et ses rivages où déambule F. Merdjanov.


[En cours de rédaction]


Usage protivophile

Rivages tchernomoriens

Tchernomorie est la francisation de cherno more, qui dans la plupart des langues slaves, tel le russe Черное Море ou le macédonien Црно Море, signifie "Mer Noire". Par extension, la Tchernomorie désigne autant la mer Noire que les régions terrestres qui l'entourent. Un peu comme pour la Méditerranée qui désigne tout autant la mer que les terres de ses rivages. Une géographie française de la mer Noire du début de la seconde moitié du XVIIIème siècle après JC[1] précise sur la carte qu'elle est nommée Czernoe More en russe. Le terme Tchenomorie est alors employé pour nommer une province du sud de la Russie, sur les bords de la mer Noire. À l'exception de la langue grecque qui conserve l’appellation antique de Pont Euxin, "étendue d'eau accueillante" en grec, ou mer Pontique, dans la plupart des langues parlées par les hominines[2] sur le pourtour tchernomorien, de l'abkhaze au turc osmanli, de l'aroumain au géorgien, en adjar ou en laze, la désignation de cette mer est une traduction de "mer noire". Le qualificatif noire est sans rapport avec la couleur de ses eaux, qui sont bleutées, mais renvoie à la géographie ottomane qui note les points cardinaux selon des couleurs[3]. L'ouest est le rouge, l'est le vert et le sud le blanc. Le nord est le noir, kara en turc osmanli[4]. N'en déplaise au racisme blanc qui est vert de rage et voit rouge d'être ainsi identifié au sud, là où selon lui ne règne que le noir. À l'inverse, il est inutile d'y chercher une quelconque trace de négrophobie[5]. Karadeniz, "mer noire", est à l'origine du nom qui s'est généralisé ensuite aux autres langues. Même dans celles qui sont pratiquées dans des régions où cette mer n'est pas située au nord. Les représentations cartographiques sont relatives et se construisent selon les imaginaires des hominines qui les pensent[6]. Dans certaines régions du monde, les mêmes couleurs renvoient à des directions différentes et le sens même des cartes n'est pas identique. Parfois le nord est en haut mais il est courant de trouver aussi l'inverse, ou bien des cartes où c'est l'est — l'orient — qui est placé en haut de la carte. Idée que l'on retrouve d'ailleurs dans le mot orientation[7].

Panorama tchernomorien

Hormis celleux des hominines qui pensent que la planète Terre est plate — ce qui expliquerait que toutes les mers et océans ne soient dans l'hémisphère sud alors que l'eau coule toujours vers le point le plus bas, ou tout simplement que les eaux ne s'écoulent pas toutes hors de la planète — les autres constatent que l'horizon n'est pas sans limite. La courbure de la Terre en est la raison. Face à une vue dégagée, la vision maximale à hauteur d'hominine est d'un peu moins de 5 kilomètres. La formule est mathématique. Plus la hauteur est grande et plus l'horizon est lointain. À 1312 mètres d'altitude, l'horizon visible maximum est à 129,36 kilomètres. Les phénomènes atmosphériques perturbent néanmoins ces calculs et des choses plus lointaines peuvent parfois être vues, tels les mirages. Du centre de la mer Noire, la visibilité possible donne l'impression d'être en plein océan de solitude, sans terres émergées, et vue des rivages, d'être solitaire sur un bout de terre face à une immensité inatteignable. Outre les nombreux mythes et légendes des hominines qui décrivent ou inventent leurs panoramas tchernomoriens, cette illusion se retrouve aussi chez les géopoétosophes, qu'illes aient ou non connaissance de la rotondité de la planète.

L’eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n’as rien.[8]

Dissection géographique

La mer Noire est, avec les mers Caspienne et d'Aral, un vestige de l'ancien océan sarmatique[9] qui, selon les géologues, se forme à la suite du fractionnement progressif du super-continent Pangée entamé vers 200 millions d'années avant F. Merdjanov. Au rythme de la lente tectonique des plaques et des changements climatiques qu'elle induit, des terres émergées, à la rencontre entre la Laurasie et le Gondwana[10], séparent petit à petit cet océan des autres océans du globe. Il s'étend au maximum de l'Asie centrale aux Alpes du nord et communique par intermittence avec ce qui deviendra la mer Méditerranée. Lorsqu'il est coupé des étendues d'eau salée marine, cet océan sarmatique est essentiellement alimenté par les eaux douces des fleuves et rivières qui s'y déversent et se mêlent aux fonds marins résiduels. Lorsqu'il est relié aux autres océans, soit il y déverse son trop plein, soit il en reçoit des eaux salées. L'emprisonnement de l'eau douce lors de la dernière glaciation fait baisser le niveau général des eaux. Cinq millions d'années avant le présent, la mer sarmatique commence à se rétrécir jusqu'à ne persister que dans ses parties les plus profondes qui, dorénavant, ne communiquent plus entre elles. Dans les zones peu profondes, le retrait des eaux laisse place à de vastes étendues qui constituent par la suite les grandes plaines d'Europe orientale.

Environ 180 mètres sous le niveau actuel de la mer Noire se forme alors un lac d'une profondeur maximale de 2000 mètres. Ses eaux partiellement salées sont alimentées exclusivement par les fleuves qui s'y jettent. Sa salinité diminue. La faune et la flore aquatiques et terrestres s'adaptent à cette nouvelle situation. La fonte des glaces et la remontée du niveau des eaux qui s'en suit bouleversent considérablement les écosystèmes tchernomoriens. S'illes divergent sur le rythme et la datation exacte[11], les géologues se rejoignent pour penser que la montée des eaux de la mer Méditerranée a engendré un déversement de celle-ci dans le lac pontique. Cet apport d'eau salée transforme le lac dont les eaux remontent rapidement et devient ainsi la mer Noire. Elle reçoit une grande quantité d'eau douce par les grands fleuves du nord, le Danube, le Dniepr et le Don, et les fleuves du Caucase au sud-est. Dans le contexte géologique actuel, la mer Noire communique via le détroit du Bosphore, long d'une trentaine de kilomètres, avec la petite mer de Marmara[12] qui, par le détroit des Dardanelles, rejoint la Méditerranée orientale. Les eaux fluviales qui nourrissent la mer Noire demeurent en surface et une partie se faufilent en direction de la Méditerranée alors que celle-ci l'alimente en eau salée par des courants inverses de profondeur qui coulent vers les fonds tchernomoriens. L'écoulement d'un trop-plein d'eau douce de surface entre le mer Noire et la mer de Marmara, située 30 mètres plus bas, crée une rivière de surface qui s'écoule par le Bosphore à une vitesse d'environ quatre kilomètres par heure sur un courant inverse d'eau salée. Cette situation hydrologique particulière fait de la mer Noire un écosystème singulier. Les deltas des trois grands fleuves du nord-ouest forment de très nombreuses lagunes où l'eau salée se mélange à l'eau douce[13]. Un multitude d'îlots parsèment les eaux saunâtes de ces lagunes. L'apport en eau douce est tel que la salinité de la mer Noire est très inférieure à celle de la Méditerranée, entre 12 et 16 grammes de sel par litre pour l'une, entre 35 et 37 pour l'autre. La salinité est si faible dans les régions des deltas du nord-ouest que l'eau de la mer Noire peut geler en hiver. Au-delà de 200 mètres de profondeur, les eaux de la mer Noire sont jugées anoxiques car elles ne comportent pas d'oxygène. Les profondeurs saturées en sulfure sont le monde des microbiens. Les deux principaux courants marins tchernomoriens, au centre de la mer Noire, créés par l'arrivée de l'eau douce et son mélange avec les eaux salées plus en profondeur, et qui tournent dans le sens des aiguilles d'une montre pour qui place le nord en haut, causent plusieurs courants secondaires près des côtes. Ces derniers occasionnent des micro-climats. Dans le nord-ouest, le climat dit drossopontique[14] se caractérise par un été méditerranéen et un hiver continental dans ces régions de plaines. À l'est, région de montagnes, le climat dit eupontique[15] est chaud et humide, quasi-subtropical dans le sud-est. Les rivages méridionaux tchernomoriens sont soumis à des micro-climats mixtes dans ces régions montagneuses et forestières[16].

Je plonge dans mes souvenirs : rien,
je n’en ramène rien.
J’ai écrit, écrit, écrit.
J’ai tout noté :
rien.
Les nuages volent, la rivière
traverse les plaines, la lumière s’ouvre
et se ferme.
Rien,
cela n’amène à rien.
Je note ce rien, pour m’en souvenir.[17]

Limaçon de la mer sarmatique[18]

Généralement les géographes divisent l'espace maritime tchernomorien entre la mer Noire à proprement dit et, au nord-est, la mer d'Azov. Séparées par la péninsule de Crimée, la première a une superficie de 436000 km2 et une profondeur maximale de plus de 2000 mètres, la seconde a une superficie de 37600 km2 et tout au plus une dizaine de mètres de profondeur. Les eaux saumâtres de la mer d'Azov forment un gigantesque liman de la mer Noire dans laquelle elles se déversent par le détroit de Kertch, au sud-est de la Crimée. La salinité de cette mer varie entre 10 et 12 grammes de sel par litre près du détroit et entre 2 et 7 grammes dans le delta du Don, au nord-est. À l'époque antique de Diogène de Sinope, les géographes qualifiaient la mer d'Azov de lac et le nommaient Méotide. Dans l'usage protivophile, le terme Tchernomorie inclut la mer Noire et celle d'Azov ainsi que leurs rivages.

En Tchernomorie, la plupart de la faune et de la flore est originaire de Méditerranée. La faune marine s'est installée selon les trois espaces différenciés que sont les eaux douces, saumâtres et salées. Certaines espèces ne peuvent vivre que dans un seul des trois alors que d'autres parviennent à aller de l'un à l'autre. Sur 167 espèces de poissons, 37 vivent en eau douce et 27 en eau saumâtre[19]. Le grand esturgeon navigue entre ces trois eaux. Certaines espèces de la faune supportent mieux le climat drossopontique que l'eupontique. Le phoque-moine à ventre blanc[20] — espèce disparue depuis 1941 après JC[1] — préfère les côtes sud-ouest alors que le bernard l'ermite Diogenes Pugilator[21] raffole de celles du nord-est. La dernière espèce de la faune locale à s'introduire dans le paysage tchernomorien est celle des hominines[22]. Tout comme l'ère glaciaire qui la vide de son eau douce ou le déversement progressif des eaux salées de la Méditerranée, l'arrivée des hominines est le début d'un long bouleversement pour la faune et la flore qui les précèdent dans la région. Chassé depuis des milliers d'années pour ses œufs, appelés caviar[23], le grand esturgeon fait la vexante expérience d'être classé aujourd'hui parmi les espèces en voie de disparition. Dans des milliers d'années, les hominines du futur auront la surprise de découvrir les squelettes de ces poissons pouvant atteindre 7 mètres de long et peser plus d'une tonne. La naissance à venir d'un nouvel animal imaginaire ? Déjà au cours du XVIème siècle, bien des siècles avant Didier Raoult[24], le médecin français Ambroise Paré s'emballe devant le fossile d'une probable ammonite géante[25] qu'il présente comme les restes d'un limaçon de la mer sarmatique, "gros comme un tonneau, ayant les cornes quasi comme celles d'un cerf, au bout desquelles, et aux rameaux d'icelles, y a de petits boutons ronds et luysans comme fines perles. Il a le col fort gros, les yeux luy esclairent comme une chandelle, son nez est rondelet et fait comme celuy d'un chat, avec un petit de poil tout autour, ayant la bouche fort fendue, au dessous de laquelle luy pend une eminence de chair assez hideuse à voir. Il a quatre jambes, et des pattes larges et crochues qui luy servent de nageoires, avec une queuë assez longue, toute martelée et coulourée de diverses couleurs, comme celle d'un tigre. [...] Il est amphibie."[26]. Selon cet affabulateur, sa chair est comestible et appréciée ! Peut-être a-t-il été sujet aux effets hallucinogènes du miel de rhododendron tchernomorien ?[27] Victime de l'andromédotoxine comme Didier Raoult de l'hydroxychloroquine.

Dissection homininique

Au cours des siècles, des sociétés d'hominines s'organisent dans les régions de plaines bordant les fleuves du nord et de l'ouest, et leurs deltas, ainsi que dans les zones montagneuses et forestières du sud et de l'est. L'âge de pierre laisse place à l'âge de bronze, puis à celui du fer. L'agriculture est une activité organisée. Lorsque s'enclenche le processus d'écoulement de la mer Méditerranée dans le lac pontique qui le transforme en mer Noire, les hominines sont probablement dans l'obligation de devoir reculer face à la montée des eaux. Selon les hypothèses des géologues, il existe trois possibilités pour décrire le phénomène de remplissage. La première postule que le déversement est lent et constant, la deuxième que cela s'est fait graduellement, au rythme de la mer de Marmara, avec parfois des inversions de sens, et la troisième que cela fut un acte catastrophique. Selon elle, un effondrement dû à l'érosion est probablement la cause d'un déversement massif des eaux dans le lac pontique qui monte de 180 mètres en quelques semaines, il y a 8 millénaires de cela. Une gigantesque cascade d'eau de mer. Un paysage très rare, digne d'une superproduction hollywoodienne, tel le royaume d'Asgard dans la trilogie Thor. Des adeptes de cette théorie catastrophe vont plus loin dans leur analyse et font un rapprochement avec une autre superproduction, la hiérosolymitaine. Noé raconte l'histoire d'un ivrogne, né d'une famille congénitale et fratricide, à deux doigts de verser dans la pédophilie incestueuse, qui s'invente une histoire dans laquelle il sauve sa famille et un couple de chaque espèce animale non-hominine grâce à la construction d'un gigantesque bateau qui doit les aider à survivre à une brusque montée de eaux, conséquence d'un déluge de pluie[28]. Malgré les incohérences du scénario[29], des hominines s'acharnent à vouloir y voir un fait historique. Le Déluge, avec une majuscule. Les écrits religieux des moïsiens[30] et des christiens[30] sont pris, à tort, pour des livres fourmillant de faits historiques. Les nombreuses recherches archéologiques menées sur les lieux "bibliques" n'ont pour l'instant pas permis de confirmer une quelconque véracité de ce qui est raconté dans ce célèbre roman d’heroic fantasy[31]. Les anachronismes sont courants et les exagérations permanentes. Qui aurait l'idée de prendre au sérieux l'univers de Warcraft et de voir dans l'empire gorien et sa capitale Goria[32] une référence à l'antique royaume de Gourie sur la côte tchernomorienne de l'actuelle Géorgie, et d'en déduire que, inversement, l'existence d'un tel royaume valide l'historicité de l'univers de Warcraft ? Dans les polémiques qui opposent les géologues, la plupart défendent l'hypothèse d'un remplissage progressif et intermittent. Pour autant cela n'invalide pas totalement celle d'un remplissage très rapide, mais cette dernière hypothèse ne peut en aucun cas s'appuyer sur les fantaisies religieuses pour se trouver une caution historique, ni servir à fournir un semblant d'historicité à des écrits contradictoires et imagés.

Non, non, rien à changé.
Tout, tout a continué.
Non, non, rien à changé.
Tout, tout a continué.
Hé hééééé...
Hé hééééé...[33]

Culture de Hamangia

Difficile pour les paléoanthropologues, les archéologues ou les linguistes de déterminer avec précision quelles furent les chemins empruntés par les hominines et les schémas de différenciation entre différentes sociétés organisées. Pourquoi la diversité des pratiques linguistiques ? Pourquoi tel type d'organisation sociale plutôt que d'autres ? Si l'on fait abstraction du mythique âge hyborien, celui de Conan le cimmérien[34], censé se dérouler il y a plus de 15000 ans, la plus ancienne mention d'une société d'hominines appelée ainsi date d'environ le Xème siècle avant JC lorsqu'elle atteint les côtes nord de la mer Noire. Peuplade nomade arrivant par les plaines eurasiatiques, les cimmériens sont les premiers d'une succession de migrations et d'installations de sociétés nomades venues par les mêmes routes jusqu'aux rivages nord-tchernomoriens pendant plus d'un millénaire et demi. Scythes, sarmates, alains, huns et avars, pour ne citer que les plus connus[35], passent, s'arrêtent ou contournent la mer Noire. Ces hominines s'affrontent et se mélangent. L'histoire dément l'expression populaire française, summum de l'hunnophobie[36], selon laquelle "Là où Attila passe, l'herbe ne repousse plus." Arrivant par le sud-est en remontant la mer de Marmara, des hominines de langues grecques, venant de l’extrême sud de la péninsule des Balkans et des côtes méditerranéennes de l'Anatolie, s'installent sur les côtes occidentales et méridionales tchernomoriennes et y fondent quelques villes et comptoirs commerciaux. Les implantations débutent à partir du VIIème siècle avant JC. Petit à petit, elles sont présentes sur tout le pourtour de la mer. Ces hominines exploitent largement les ressources de la région, utilisant les plaines pour l'agriculture et les forêts pour la construction navale. Les relations avec les hominines nomades du nord et de l'est sont faîtes de guerres et de paix, d'affrontements armés et de brassages de population, d'échanges culturels et de commerces florissants. Les cités grecques de Tchernomorie rayonnent politiquement et culturellement sur les régions proches des côtes. L'hellénisation est en marche. Ce phénomène n'est pas propre à la mer Noire. Les différentes cités grecques balkaniques et anatoliennes créent plusieurs villes et comptoirs sur les côtes de la mer Méditerranée. Marseille et Nice, par exemple, sont fondées, respectivement, vers la fin du VIème siècle avant JC et au tournant des IIIème et IIème siècles avant le même. L'expansion militaire, politique et culturelle maximale des cités grecques se fait au IVème siècle avant l'idem sous l'impulsion d'Alexandre de Macédoine qui les unit dans un projet d'exploration et de conquête militaire. Le royaume de Macédoine s'étend au détriment de l'empire perse des Achéménides et de l’Égypte pharaonique. Du delta de l'Indus, aux portes du sous-continent indien, jusqu'à l'oasis de Siwa dans le désert égyptien. Le sud tchernomorien est sous contrôle iskandérien — en rapport avec Alexandre — alors que le nord reste le domaine des nomades scythes. Le royaume s’effrite doucement sous ses successeurs, puis tombe sous domination romaine à la fin du IIème siècle après JC. D'après la tradition littéraire et philosophique de la Grèce antique, Diogène de Sinope, père spirituel de la philosophe Hipparchia, a répondu à Alexandre qui lui demande ce qu'il peut faire pour lui, de se pousser pour ne pas lui cacher le soleil. Si cette anecdote est connue depuis des siècles, ses dialogues protivophiles avec le roi macédonien le sont beaucoup moins. Exhumé en 2008 par Sept et Laurent "Lartizan" Memmi, un court texte post-mortem lui est attribué dans leur opus Diogène. Sans que l'on sache exactement s'il décrit les conséquences pour les populations d'hominines des guerres et des luttes de pouvoir, s'il dénonce le système économique qui s'installe, s'il parle de sa propre situation ou s'il a une vision lumineuse du futur sous l'emprise du miel de rhododendron tchernomorien[27].

Du jour au lendemain, restructuration.
L'licenciement vient, expulsion.
Divorce sanguin, répartition d'biens.
J'me retrouve en chien, sans rien.
Jeté d'force dans l'bain, privé d'mes gosses.
Et traité comme une bête féroce par les gens bien.
Alors allez tous vous faire mettre, vous faire enculer[37].
Ouais j'vais hurler, si vous avez pas une piécette qui vous servirait pas à spéculer.[38]

Pour la protivophilie, mais pas seulement, les espaces tchernomoriens sont de véritables analectes de riens[39]. Une richesse pour qui s'y intéresse. L'histoire, les toponymes et les ethnonymes en regorgent. Des cimmériens aux tauriens, hominines de Taurie l'actuelle Crimée, des comptoirs marmariens au royaume bosphorien, en passant par les hominines parlant le dorien des cités grecques d'Érétrie et de Mégare, érétriens et mégariens ! Au cours des deux millénaires qui suivent la chute définitive des vestiges de l'empire iskanderien, la mer Noire et ses rivages continuent à être un espace où les hominines aiment à s'installer durablement. Les conditions climatiques et géographiques sont favorables à l'agriculture et au commerce. La Tchernomorie est un point de passage entre l'intérieur des terres en Europe de l'est via les fleuves, et vers l'Asie centrale via les plaines au nord, vers l'Anatolie au sud. Elle est aussi un point de sortie rapide vers la Méditerranée. La mer Noire est un liant autour de laquelle s'agglomèrent quelques sociétés d'hominines, diverses par leurs pratiques linguistiques, par leurs traditions culturelles et par leurs histoires, mais interconnectées les unes aux autres. Parfois enchevêtrées. Les analectes s'enrichissent des gouriens de la Gourie[40], des gazariens de la Gazarie et l'adjarien de l'Adjarie. Respectivement une petite royauté dynastique géorgienne entre le XIVème siècle et le XIXème, un ensemble de 7 ports fortifiés à la pointe sud de la Crimée sous contrôle de la république de Gênes entre 1315 et 1475[41], et la langue parlée par les hominines, apparentée au géorgien[42], dans la région qui chevauche l'actuelle frontière entre la Géorgie et la Turquie. Le vocabulaire contemporain ajoute bulgarien, transniestrien et autre pridniestrien alors que tatarien, en rapport avec la Tatarie[43], ne parvient pas à se faire une place sérieuse[44]. Mais les rivages tchernomoriens ne peuvent se résumer en quelques riens. La macédoine d'hominines qui forment les ingrédients de ce mélange ont de multiples saveurs. Les mythologies moïsiennes, christiennes et mahométiennes[30] se sont largement répandues sur le pourtour. Avec des nuances, parfois dans des versions peu orthodoxes ou mystiques. Pour quelques groupes d'hominines ou des individualités, la Tchernomorie est un point de chute ou un cul-de-sac. Un refuge pour les minorités qui fuient des persécutions, ou un bastion à défendre militairement. Les langues de l'espace tchernomorien sont multiples et les cultures diversifiées, certaines plus "mixtes" que d'autres. Les moïsiens tatarophones de Crimée[45], les turcophones christiens[46] ou les mahométiens de langue grecque[47] en sont quelques exemples. Au XIXème siècle, après des guerres entre empires et des conquêtes de territoires incessantes, les grands mouvements de population se ralentissent et les frontières des États modernes se fixent progressivement. Au siècle suivant, le pourtour tchernomorien est divisé entre l'empire ottoman (future Turquie), la Bulgarie, la Roumanie et la Russie. Les régions côtières de ces pays sont de vraies macédoines culturelles et linguistiques, héritières de la longue histoire tchernomorienne. La région du Pont, en Turquie, abrite des communautés d'hominines — mâles et femelles — grecques pontiques, arméniennes, turques et lazes, mahométiennes ou christiennes[48], ainsi que des bulgarophones. En Bulgarie, des minorités turques, tatares, grecques et roumaines sont présentes dans les régions de la mer Noire. Certaines christiennes, d'autres mahométiennes. La Dobrogée, une région historique située entre les deltas du Danube et du Dniestr, aujourd'hui essentiellement roumaine, est une mosaïque. De par sa situation inter-fluviale et sa géographie propice à y trouver refuge, elle a été longuement disputée par les empires et les royaumes, et a servi d'asile à plusieurs communautés. Parmi une population majoritairement roumanophone, des villages ou des quartiers de certaines villes sont peuplés de bulgares, de russes, de tatars, de grecs, de turcs, d'allemands[49] de gagaouzes[50] et de nogaïs[51]. Une partie de ces hominines appartiennent à des courants dissidents des mythologies christiennes, tels les allemands mennonites[52] ou les russes lipovènes[53]. À cette époque, la vaste côte russe de la mer Noire s'étend de l'ouest au sud-est, de la Dobrogée au sud du Caucase. Aujourd'hui divisée entre Ukraine, Russie, Abkhazie[54] et Géorgie. Outre des russophones, elle abrite des grecs pontiques éparpillés entre Dobrogée, Crimée et Caucase[55], des tatars de Crimée, des allemands de la mer Noire[56], des moïsiens karaïtes[57] et krymtchaks[45], des arméniens, des adyguées, des abkhazes, des géorgiens et des adjariens dans le Caucase, et des lazes entre Caucase et Anatolie

Dissection géopolitique

Déambulement riparien

Notes

  1. 1,0 et 1,1 JC
  2. hominines
  3. points cardinaux selon des couleurs
  4. osmanli
  5. négrophobie
  6. Archéologie Bretagne
  7. orientation
  8. "L'entrevue au ruisseau" dans Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites. Cité à l'entrée "un petit poisson, un petit oiseau, s'aimaient d'amour tendre..." dans F. Merdjanov, Analectes de rien, 2017
  9. sarmates
  10. Laurasie et le Gondwana
  11. Précisions
  12. mer de Marmara
  13. liman
  14. drossopontique
  15. eupontique
  16. Joël Charre, "La forêt de la chaîne pontique orientale", Revue de géographie alpine, n° 62, 1974 - En ligne
  17. "Le rien" de Jan H. Mysjkin. Cité à l'entrée "mémoire" dans F. Merdjanov, Analectes de rien, 2017
  18. Représentation extraite de Cosmographie universelle publiée en 1575 par l'explorateur et géographe français André Thevet - En ligne
  19. Bernard Lory, "La mer Noire, à nulle autre pareille - Esquisse géographique", Cahiers d'Études sur la Méditerranée Orientale et le monde Turco-Iranien, n° 13,‎ 1992 - En ligne
  20. Monachus monachus albiventer
  21. Diogenes pugilator
  22. hominines
  23. Dans la gastronomie de luxe, réservée aux hominines les plus riches, le caviar est une préparation culinaire composée d'œufs d'esturgeon salés ou marinés. À ne pas confondre avec le caviar des scatophiles qui désigne la matière première de leur gourmandise, obtenue pour seulement quelques euros du repas précédent.
  24. Didier Raoult est à la médecine ce que Bernard Henri Levy est à la philosophie : un vague souvenir qui amuse.
  25. ammonite géante
  26. Ambroise Paré, "Limaçon de la mer sarmatique", 1579 dans Œuvres complètes, tome 3 - [En ligne]
  27. 27,0 et 27,1 rhododendron ponticum
  28. Pour un résumé, voir Humeurs hérétiques. La Bible pour les caves, 2016 - En ligne
  29. Des travaux récents ont permis de visibiliser celleux qui n'ont pu bénéficier de ce moyen de transport très select. Voir le très beau documentaire, Oups ! J'ai raté l'arche..., réalisé en 2015. Bande-annonce en ligne
  30. 30,0 30,1 et 30,2 moïsiens
  31. archéologie biblique
  32. Une histoire complète de l'empire gorien - En ligne
  33. Les Poppys, Non, non, rien a changé, 1971 - En ligne
  34. Conan le cimmérien
  35. autres
  36. Phrase prêtée à Attila lui-même
  37. nota bene
  38. Sept & Lartizan, Diogène - En ligne
  39. Clin d'œil discret à une personne inconnue hors des sphères de la protivophilie, F. Merdjanov et à son œuvre principale Analectes de rien. Sa sortie en 2017 est restée confidentielle et l'absence de toutes critiques et commentaires dans la presse spécialisée laisse à penser qu'elle n'avait rien à en dire. "Je dis ça... je dis rien !" pour reprendre un dicton populaire.
  40. Gourie
  41. Gazarie
  42. géorgien
  43. Tatarie
  44. Tout comme le terme tchernomorien !
  45. 45,0 et 45,1 Krymtchaks
  46. Urums et gagaouzes
  47. mahométiens de langue grecque
  48. Hémichis et autres
  49. allemands de Roumanie
  50. gagaouzes de Roumanie et de Moldavie
  51. Tatars nogaïs
  52. mennonites
  53. lipovènes
  54. Abkhazie
  55. Grecs de Géorgie
  56. allemands de la mer Noire
  57. karaïtes