Guerre du Biafra

De wikimerdja
Aller à : navigation, rechercher

Guerre du Biafra. (1967 – 1970) Le Biafra est une région du sud-est du Nigeria en guerre contre l’État central de 1967 à 1970, année de naissance de F. Merdjanov.


Géolocalisation

Ceinture alpine
L’Afrique est séparée de la péninsule arabique par le canal de Suez qui permet de relier la Méditerranée à la mer Rouge. Depuis l'ouverture de ce canal le 17 novembre 1869, l'Afrique est une île-continent séparée de la péninsule arabique par quelques centaines de mètres. L'ensemble de cette île-continent est constituée par la plaque tectonique africaine, en contact au nord-est avec la plaque tectonique arabique, au nord avec la plaque eurasiatique et, à l'est, avec la plaque indienne. La rencontre de la plaque africaine et eurasiatique forme les monts de l’Atlas qui s'intègrent dans le grand ensemble montagneux, appelé ceinture alpine, qui s'étend des côtes du Maroc à l'Himalaya, en passant par l'Atlas, la côte ibérique, les Pyrénées, les Alpes et les Apennins, les Balkans, les Carpates, les montagnes d'Asie mineure, le Caucase, les plateaux iraniens, l'Hindou Kouch puis l'Himalaya, pour finir tout le long de l'Indonésie. Cette ceinture est la conséquence de la dérive des continents et de la rencontre entamée il y a 65 millions d'années entre les plaques tectoniques eurasiatiques, africaines, arabiques et indiennes qui, pour les trois dernières, remontent à des vitesses différentes[1].

Géographie humaine

Située à sud-ouest de la ceinture alpine, l’Afrique est un vaste ensemble géographique que les hominines actuels ont divisé en une cinquantaine[2] de pays, séparés par des frontières administratives. La plupart de ces frontières sont issues d’un processus de plusieurs siècles de mise en esclavage d’une partie de la population[3], puis de colonisation militaires et administratives de royaumes et États africains[4][5] par des pays européens, et enfin d’un découpage en zones d’influence politique et économique par ces mêmes pays. Après, selon les endroits, une période de négociations avec des élites économiques et politiques locales, de guerres de libération ou de mouvements de contestation populaires, les pays colonisateurs ont concédé l’indépendance à de nouveaux États. Ces nouvelles entités étatiques ont tous les oripeaux d’un État indépendant mais elles restent très dépendantes des choix politiques et économiques des ex-puissances coloniales : pour leurs intérêts communs, les élites de ces nouveaux États appellent "processus de décolonisation" ce que les ex-colonisateurs désignent par "maintien d’une zone d’influence". Le rapport est évidemment asymétrique et – faut-il encore le préciser ? – en faveur des seconds.

Nigéria

En rouge, le Nigéria, et en rose le restant de l'empire britannique d'Afrique en 1913
Lors de son accession à l’indépendance en 1960, le Nigeria fait partie de la zone d’influence britannique. Il regroupe un vaste territoire de 923 768 km² peuplé alors d’environ 40 millions de personnes parlant environ 250 "langues" différentes[6]. À lui seul, le Nigeria est plus peuplé que l’ensemble de la zone de colonisation française en Afrique.

Malgré le gentilé anglophone de nigerian que l’on pourrait traduire en français par nigerien, il est préférable de conserver l’anglicisme nigérian [7]afin de ne pas induire de confusion avec le terme de nigérien qui, en français, désigne un habitant du Niger. Du nom du fleuve qui traverse les deux pays.

En 1960, le Nigeria est doté d’une constitution fédérale qui reconnaît trois grandes régions, (Northern Nigeria, South Nigeria et Lagos) lesquelles sont constituées par le regroupement d’anciennes divisions coloniales britanniques. Ces trois régions correspondent à des zones linguistiques majoritaires que sont l’haoussa, le yoruba et l’ibo. La religion dominante dans le nord haoussa est l’islam, dans le centre yoruba, c’est l’islam et le christianisme, et dans le sud ibo, le christianisme et l’animisme. Pour asseoir son autorité, le pouvoir colonial britannique s’appuie généralement sur des élites locales, qu’il sélectionne, puis implante au sein de l’administration coloniale en leur déléguant la gestion politique et en les favorisant économiquement. Dans le cas du Nigeria, des chrétiens ibo sont choisis pour faire office d’auxiliaires. Ils investissement massivement l’administration et l’économie coloniales. En 1960, les élites ibo et haoussa tiennent les rênes du pouvoir politique du nouvel État. Cette situation créée des tensions permanentes et les coups d’État se succèdent. Les populations ibo payent un lourd tribut à la politique de "leurs" élites en étant les victimes régulières de lynchages et de meurtres. Le paroxysme est atteint en 1966 après un énième coup de force dans la guerre que se livrent les élites politico-économiques haoussa, yoruba et ibo[8]. Des milliers d’ibo sont tués et des milliers d’autres fuient le nord du Nigeria. En 1967, une nouvelle constitution fédérale de douze régions est proposée.

Anthropologie

À quelques différences prêts, le Nigeria[9] est assez proche de la Macédoine :

Pour le reste, la Macédoine est un pays comme les autres : ses frontières sont une chimère, son histoire nationale une mythologie, son pouvoir politique un rapport de domination et son organisation sociale une contrainte. Comme toute identité collective, la Macédoine est une illusion. Bien sûr, la Macédoine a connu des épisodes de son histoire qu’elle ne partage pas avec les autres pays, mais cela ne change rien.[10]

Idem, si l’on veut se livrer à une étude anthropologique.

[Au Nigeria], les structures sociales sont imprégnées de l’héritage du [christianisme ou de l’islam]. Que ce soit pour des raisons de croyances religieuses ou au nom d’une morale […] sécularisée, le patriarcat familial, le mariage, la famille ou le sexisme sont toujours présents. […] Il en découle que la plupart des [nigérians] en âge de procréer sont invités à le faire afin de reproduire le modèle social de la famille en l’inculquant à leurs enfants. Les parents et l’école sont responsables de l’éducation donnée aux enfants, avec très peu de possibilités concrètes pour ces derniers de négocier ou refuser quoi que ce soit sur le sujet. Sans nourriture, par exemple, un bambin [au Nigeria] ne survit pas. Le mariage reste le moment important d’une vie sociale. Le décès aussi. Sauf que dans ce cas, seules les personnes vivantes peuvent en profiter. Échapper à la famille – et à sa reproduction – n’est pas chose simple et nécessite de pouvoir se créer d’autres solidarités. Choisies cette fois-ci. La morale, religieuse ou non, les codes traditionnels, les us et coutumes et les contraintes sociales sont omniprésents dans tous les domaines de la vie quotidienne. De la sexualité à la coupe de cheveux, des apparats vestimentaires à la manière de s’exprimer, des goûts culinaires à l’esthétisme, ce sont des carcans dans lesquels tout le monde doit se mouler sous peine d’être exclu. Une étude attentive pointe que la plupart des activités sociales sont genrées de façon binaire avec une préférence donnée à la catégorie "hommes", la seule qui est valorisante.[10]

Guerre des femmes

Sculpture yoruba sur la colonisation à la mode britannique (~1960)
Depuis que les britanniques se sont installés le long du fleuve Niger, ils se heurtent régulièrement à des mouvements de contestations de femmes, dans les provinces du sud-est, contre la fiscalité coloniale ou pour l’obtention de certains droits perdus avec la colonisation[11]. Issues essentiellement des milieux ruraux, ces femmes vendent leurs productions sur les marchés mais les nouvelles règles les excluent en partie de la mise en place des marchés et des prises de décision au sein des tribunaux indigènes. Les remous sociaux s’intensifient à partir de 1920 alors que les autorités coloniales veulent mettre en place une fiscalité directe. En 1924, environ 3000 femmes manifestent à Calabar contre des taxes coloniales. Dès 1928, une fiscalité directe est installée pour les hommes. Sans incidents. L’année suivante, dans un contexte de crise économique mondiale, des rumeurs de l’extension de cette fiscalité aux femmes met le feu aux poudres.[12] Après un incident entre Nwanyerua, une habitante d’Oloko, et le chef de ce village à propos du nouveau calcul des impôts, le 23 novembre 1929, une manifestation spontanée de femmes encercle, avec des chants et des danses, le domicile du chef afin qu’il suspende la taxe. Celui-ci refuse. Huit femmes sont blessées. Le 2 décembre, plus de 10000 femmes se rassemblent à Oloko pour manifester leur mécontentement. Le 9, un millier d’entre elles attaquent le tribunal indigène d’Owerrinta. Le lendemain, à Aba, le tribunal indigène, la banque Barclays et des entrepôts d’huile de palme sont pillés. Cinq jours plus tard, l’armée britannique tuent 18 manifestantes dans le village d’Utu Etim Ekpo. Le 16, à Opobo, une quarantaine sont tuées et une trentaine blessées lors de confrontations avec les militaires[13]. En représailles, plusieurs villages sont détruits par les britanniques.

En 1930, une commission est constituée pour étudier et expliquer les évènements de décembre 1929 – dit Aba Riots pour les britanniques et Ogu Umunwaanyi (Guerre des femmes) en langue ibo – et dans laquelle de nombreuses femmes, dont Nwanyerua, sont venues témoigner de leur refus d’un nouvel impôt et de la perte de leurs droits depuis l’instauration de la législation coloniale. Elles n’obtiennent que le droit de choisir le responsable du tribunal indigène.

Biafra

Géographiquement, le Biafra est la région située entre le fleuve Niger, à l'ouest, et la chaîne volcanique appelée "ligne du Cameroun", à l'est. Elle correspond à l'ancienne colonie britannique du South Nigeria[14]. Région de plaines et de zones marécageuses du delta du Niger, elle permet le développement d'une riche agriculture (cacaoyer, hévéa et palmier à huile), d'agglomérations urbaines et de grands ports maritimes. Plus de 70% de la population est de langue ibo et le christianisme est la religion la plus répandue. Le Biafra est une région où les missions chrétiennes - catholiques ou protestantes - sont très actives. La colonisation britannique s'est appuyée sur les élites issues de cette "majorité" en leur offrant des opportunités politiques et économiques sur l'ensemble des colonies britanniques de Lagos et du Northern Nigeria. La découverte de pétrole dans la région va considérablement augmenter leur pouvoir et susciter leurs appétits.

Guerre du Biafra

Femmes en guerre (1973)
N'ayant pas réussies à prendre le pouvoir au niveau national[15], les élites ibo du Biafra proclament l'indépendance de la région le 30 mai 1967 sous le nom de République du Biafra. Malgré des formes de nationalisme ibo, le discours indépendantiste réclame les frontières héritées du South Nigeria sans avoir recours à un discours ethnique ou religieux[16]. L'entrée de l'armée nigériane en juillet déclenche la Guerre du Biafra. Avec ces 100000 hommes, l'armée biafraise tient tête et parvient même à inquiéter le pouvoir central. Mais, progressivement, les villes du Biafra tombent face à l'avancée nigériane. Avec le prise de Port-Harcourt en mai 1968, le pouvoir biafrais ne dispose plus d'un accès à la mer et la région se retrouve sous blocus. Les armées se font maintenant face, sans réussir à avancer. Le Nigéria a le soutien de l'ex-colonisateur britannique et l'URSS, et les sécessionnistes biafrais celui de la France[17]. Le but du généralissime De Gaulle est ouvertement d'affaiblir ce géant nigérian[18]. Évidemment, cela ne se fait pas au grand jour. La France utilise ses réseaux de mercenaires et ses relais sur place pour fournir du matériel militaire, des conseils et des hommes. Des associations de religieux chrétiens et protestants organisent une aide humanitaire clandestine, envoyant des avions forcer le blocus pour fournir nourriture et médicaments.

Coincée entre les lignes de front et cernée par un blocus naval et terrestre, la population du Biafra se déplace de camps de réfugiés en camps de réfugiés, victime de famines et d'épidémies. La médiatisation de cette situation entraîne un regain d'intérêt international pour ce conflit meurtrier et l'aide humanitaire s'organise. Les ONG découvrent que leurs avions servent aussi au transport d'armes, que leur présence est manipulée par les enjeux politiques, bref, qu'il ne sert à rien de faire des ponts aériens. Et pourtant, elles ne peuvent ne rien faire. L'aide humanitaire et l'intervention franco-britannique entretiennent, de fait, le conflit jusqu'en 1970.

Le 23 décembre 1969, avec l'aide de l'armée britannique, 120000 militaires nigérians lancent une offensive. Un cessez-le-feu, sans conditions, est signé le 12 janvier 1970. Le 15, le Biafra réintègre officiellement le Nigéria.

Entre 1967 et 1970, entre un et deux millions de civils (selon les chiffres) sont morts des conséquences de cette guerre[19].

After

Les militaires biafrais intègrent par la suite l'armée nationale et les politiciens sont amnistiés. Les affaires et la politique reprennent. Comme si de rien n'était.

Pour rien ?

Plutôt que s'immoler pour protester contre l'engagement du Royaume-Uni dans cette guerre, le chanteur-philosophe John Lennon[20] préfère rendre en 1969 sa médaille de l'Ordre de l'Empire britannique reçue quatre ans auparavant par son Club des Quatre.

La Guerre du Biafra a permis à Eric Boucher de se trouver un nom de scène pour son groupe Dead Kennedys, Jello Biafra.

Écœurés par la passivité de la Croix Rouge Internationale lors de ce conflit, des médecins français créent en 1971 l'organisation humanitaire Médecins Sans Frontières[21].

Note à benêt

Celles et ceux qui sont nés en 1970 et alentours, comme F. Merdjanov, sont trop jeunes pour se souvenir de cette guerre civile au Nigéria. Mais peut-être ont-ils encore en mémoire toutes les blagues de bon goût qui perdurèrent les années suivantes, ces glissements linguistiques hilares entre biafrais et bien-frais... "Quand on a faim on mange", entend-on lors d'un repas en famille, avec des gloussements entendus à destination des "digère-rien" qui ne sont pas bien frais ![22]

Mémoire protivophile

La foule acclamant ses libérateurs
La Guerre du Biafra contient tous les ingrédients du parfait scénario de film de guerre dans un contexte de "Guerre Froide". La France, alliée aux puissances racistes de Rhodésie et d'Afrique du Sud et à quelques pays francophones, joue des coudes pour maintenir son influence politique régional, avec face à elle, le Royaume-Uni qui défend ses intérêts dans son ex-colonie du Nigéria, soutenue par les soviétiques qui livrent de l'armement. Avec un saupoudrage de réseaux clandestins religieux et de discours racistes. Tout autant que le maintien des intérêts politiques et économiques des ex colonisateurs, cette présence des soviétiques, et donc du "péril communiste", est l'un des moteurs de l'engagement de divers pays de la région. Chacun des acteurs de ce conflit fait appel à des mercenaires afin de se couvrir d'une intervention directe. Les services secrets français sont actifs sur le terrain militaire, mais aussi médiatique en organisant une mise en scène de la famine (bien réelle) pour inventer un "génocide" et justifier ainsi le soutien français[23]. L'émotion populaire à son comble, l'aide humanitaire s'accélère et permet aux militaires de passer des armes aux rebelles biafrais. Emberlificotés dans l'anti-impérialisme, la plupart des "révolutionnaires gauchistes" en France ne savent comment se positionner. Faut-il soutenir le Nigéria parce qu'il est allié aux camarades soviétiques, s'y opposer pour la même raison si l'on est maoïste, ou rester à distance d'anarchistes. Fait-on le jeu d'une puissance coloniale en s'opposant à une autre ? Faut-il défendre un intervention militaire directe de la France ou du Royaume-Uni ? Une nation biafraise est-elle conforme au matérialisme historique ou une réponse au "droit de peuples à disposer d'eux-mêmes" ? L'urgence face une situation de famine intolérable d'une population doit-elle faire oublier qui en sont les responsables ? Peut-on soutenir une guerre ? Etc, etc[24].

Avant tout, cette guerre est une "belle" illustration des mécanismes politiques qui induisent les guerres. Où qu'elles soient ! Des élites économico-politiques se disputent les bonnes places et pour cela mobilisent des discours, à visée "populaire", pour justifier leurs positions ou leurs critiques, embrigader des troupes ou faire accepter la guerre. Elle sont prêtes à sacrifier autant de personnes qu'il le faut pour parvenir à leurs fins. Penser ainsi que la fin justifie les moyens alimente toujours la faim : satiété pour certains, famine pour d'autres. Finalement, devant une impossibilité militaire de sortie de conflit, les belligérants d'hier s'entendent et négocient un retour à la normale. Ils apprennent à se partager le pouvoir politique et ses retombées économiques. Que les protivophiles et les plus sensibles se rassurent, les milliers et milliers de personnes tuées lors des conflits militaires ne le sont jamais pour rien. Elles le sont toujours pour préserver le statut social de celles et ceux qui les ont envoyés à une mort certaine. Et cela, ce n'est pas rien.

Notes

  1. La plaque africaine se déplace vers le nord-est de 2,15 cm par an. La plaque arabique se déplace vers le nord-est à une vitesse de 4,65 cm par an. La plaque indienne se déplace vers le nord à une vitesse de 6 cm par an. La plaque eurasiatique se déplace vers le nord-ouest en Europe et vers le sud-est en Asie à une vitesse de 0,95 cm par an.
  2. 54 pays reconnus internationalement divisent actuellement le continent africain, auxquels il faut ajouter le Somaliland, le Puntland et le République arabe sahraouie, non reconnus. Le dernier État est le Sud-Soudan, créé en 2011.
  3. Jacques Heers, Les négriers en terres d'islam. VIIe - XVIe siècle, Perrin, 2007. Murray Gordon, L'esclavage dans le monde arabe VIIe - XXe siècle, Tallandier, 2009. Olivier Grenouilleau, Qu'est-ce que l'esclavage ? Une histoire globale, Gallimard, 2014. Olivier Grenouilleau, Les traites négrières. Essai d'histoire globale, Gallimard, 2004
  4. François-Xavier Fauvelle, Le rhinocéros d'or. Histoires du Moyen Âge africain, Folio Histoire, 2013
  5. Elikia M'Bokolo (dir), Afrique Noire: Histoire et Civilisations, tome II, Du XIXe siècle à nos jours, 2e éd., Hatier, 2004
  6. Amzat Boukari-Yabara, Nigéria, De Boeck, 2013
  7. Françoise Ugo Chukwu, "Thèses et mémoires présentés en français sur le Nigeria : bibliographie (1963-1993)", Journal des africanistes, vol. 65, n° 1, 1995 En ligne
  8. Tatiana Yannopoulos, "Luttes de classes et guerre nationale au Nigeria", Revue française de science politique, vol. 18, n° 3, 1968 En ligne
  9. Marc-Antoine Pérouse de Montclos, Le Nigéria, Karthala, 1994
  10. 10,0 et 10,1 "Vie et œuvre de F. Merdjanov (Postface), dans F. Merdjanov, Analectes de rien En ligne
  11. Catherine Coquery-Vidrovitch, "Femmes et politique : Résistance et action en Afrique de l'Ouest", Les africaines, La Découverte, 2013
  12. Michèle Fiéloux, "Femmes invisibles et femmes muettes. À propos des événements ibo de 1929", Cahiers d'études africaines, vol. 17, n° 65 Des femmes sur l'Afrique des femmes, 1977 En ligne
  13. Liste des mortes en ligne
  14. Vincent Hiribarren, Les frontières du Biafra de la colonisation à 1970, Mémoire de Master 2, 2007 En ligne
  15. Africa Research Group, "Les dessous de la guerre civile nigérienne", L'Homme et la société, vol. 19, n° 1 Sociologie et marxisme, 1971 En ligne. Philippe Lucas, "Nigeria : lutte de classe ou conflit nationalitaire ?", Revue française de science politique, vol. 21, n° 4, 1971 En ligne
  16. Dans des schémas similaires à la Casamance ou à l'Érythrée
  17. Daniel C. Bach, "Dynamique et contradictions dans la politique africaine de la France Les rapports avec le Nigeria (1960 - 1981)", Politique africaine, n° 5, 1982 En ligne
  18. Daniel Bach, "Le Général de Gaulle et la guerre civile au Nigeria", Revue Canadienne des Études Africaines, vol. 14, n° 2, 1980
  19. Pour des versions romancées de la Guerre du Biafra : Chinua Achebe, Femmes en guerre et autres nouvelles, Hatier, 1985. Lors de la guerre, C. Achebe fut un ardent défenseur de la cause du Biafra. Voir aussi Chimamanda Ngozi Adichie, L’Autre Moitié du soleil, Gallimard, 2008. Ce livre est adapté au cinéma par Biyi Bandele en 2014 sous le même titre.
  20. Il est finalement tué le 8 décembre 1980 par Mark David Chapman qui se justifiera en 2006 en affirmant : "Lennon nous dit d'imaginer un monde sans possessions, et le voilà avec des millions de dollars, des yachts, des propriétés et investissements immobiliers, se moquant des gens comme moi qui crurent ses mensonges et achetèrent ses disques, en construisant une grande partie de nos vies autour de sa musique."
  21. Selon Rony Brauman, "Biafra – Cambodge. Un génocide et une famine fabriqués", 2004 En ligne "A l’automne 68, avec l’accord des autorités ivoiriennes et gabonaises, le gouvernement français mobilisait la Croix-Rouge et mettait en place, dans un même mouvement, un dispositif clandestin d’assistance militaire". [Ce] "soutien matériel et politique de la France avait sauvé in extremis la sécession, et la radicalisation de ce conflit, induite par le recours à la thématique du génocide, avait donné un second souffle aux plus intransigeants des indépendantistes biafrais, prolongeant une guerre sans issue et provoquant un énorme surcroît de pertes humaines."
  22. S'il est exact que le Biafra n'est pas nigérien, les plus optimistes des protivophiles peinent à déceler la part de connaissances géographiques nécessaires à la construction - ou l'apparition - d'une telle expression comique dans la culture populaire.
  23. "Ce que tout le monde ne sait pas, c'est que le terme de "génocide" appliqué à cette affaire du Biafra a été lancé par les services. Nous voulions un mot choc pour sensibiliser l'opinion. Nous aurions pu retenir celui de massacre, ou d'écrasement, mais génocide nous a paru plus "parlant". Nous avons communiqué à la presse des renseignements précis sur les pertes biafraises et avons fait en sorte qu'elle reprenne rapidement l'expression "génocide". Le Monde a été le premier, les autres ont suivi". D'après le responsable des services secrets durant la guerre
  24. Lors d'une rencontre avec un révolutionnaire, il est toujours utile de lui rappeler que pour ne pas faire dans le "politicaillerie", deux solutions solidaires sont possibles. Partir se battre sur place et éprouver la réalité de la guerre et les contradictions internes, locales, vivre vraiment une situation plutôt que la commenter, survivre à une situation plutôt que l'alimenter et ainsi, soutenir directement celles et ceux qui risquent vraiment quelque chose. Soit se tenir à distance et agir ici, lutter avec ses propres armes, ses argumentaires et ses envies... Car d'une guerre, de bon, il ne sortira jamais rien.