Analecte

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Analecte \a.na.lɛkt\ Du grec ancien ἀνάλεκτα, issu de ἀναλέγω, analégô "choisir, recueillir, ramasser"[1].

Terme utilisé par F. Merdjanov pour le titre de son ouvrage Analectes de rien.


Étymologie

Selon le texte "Vie et œuvre de F. Merdjanov" :

Ramasse-miette (~1970)
Dans un des parlers grecs anciens, le verbe désignant l’action de choisir, de ramasser ou de recueillir a donné le terme analekta pour nommer les choses recueillies. L’emprunt de ce mot par le latin – devenu analecta – s’est doublé d’un glissement de sens. Depuis on appelle ainsi les esclaves chargés de glaner la nourriture qui tombe pendant les repas, puis les restes, et enfin de nettoyer l’espace-mangeoire des maîtres-esclavagistes. Un ramasse-miettes pré-industriel humain. Le terme analecte est resté dans la langue française standardisée sous différentes formes. Au pluriel, et par extension de la définition latine, analectes est synonyme de restes de repas, de miettes tombées à terre. Mais le sens donné par le grec ancien a aussi perduré en français. Ainsi, analecte est un terme littéraire pour désigner un recueil de textes d’un auteur donné. Un emploi au pluriel semble parfois utilisé dans le même sens. Il est aussi synonyme de "ramassis", dans un sens péjoratif. Plus généralement, analecte employé au pluriel permet d’insister sur le fait qu’un recueil de plusieurs auteurs est donc constitué de plusieurs analectes ; une macédoine de citations.[2]

Synonymes

Au singulier

Au pluriel

  • miettes
  • restes (de repas)
  • recueil

Orthographes

  • analecta
  • analectae
  • analectal

Faux-amis

Belle et Sebastien
Analecte ne désigne pas la pratique sexuelle qui consiste à lécher ou se faire lécher l'anus chez les hominines, et à se le faire en solitaire chez les canidés[3]. Par extension, ce terme ne peut être employé ni en sociologie humaine ni en éthologie sexuelle pour nommer une type de relation sociale, pas plus qu'en paléo-anthropologie pour expliquer la domestication ancienne et la co-évolution de ces deux espèces.

Des études protivophiles soulignent qu'il existe peut-être des sociolectes ou des idiolectes dans lesquels l'emploi de analecte en ce sens est source de confusion. Par exemple, le québécisme Analectes de Belle et Sébastien désigne l'intégrale de cette série télévisée en DVD et non son détournement pornographique. Tout comme les Analectes de Claudine de Culam seraient un recueil de poèmes à l'être aimé et non une description de ses amours câlines et canines[4], les Analectes de Confucius ne sont pas le kamasutra des sinologues ou des tokhariens.

Le terme anulingus est généralement employé pour une telle pratique.

Controverse de rien

La communauté protivophile est divisée quand au sens à donner au choix par F. Merdjanov de ce terme d'analecte pour nommer son ouvrage.

Nos travaux les plus récents ne nous permettent pas de comprendre le sens exact que FM a voulu donné à ce mot. Peut-être a-t-il été choisi pour cette polysémie plaisante, pour ses glissements possibles et ses débordements de sens. Peut-être aussi est-ce un clin d’œil de sa part à des amis grecs pour qui tout ce qui vient de Macédoine est… grec ? Écrit au pluriel, analectes renvoie de cette manière à tout cela en même temps : cueillette, choix, recueil, esclave, miette. Cinq mots qui, pêle-mêle, en disent long sur la condition humaine.[2]

Ces polémiques sont connues sous le nom de "Controverse de rien". L’inscription antique retrouvée lors de fouilles archéologiques très récentes sur un site sumérien "Naître esclave de tout. N’être esclave de rien" est au cœur des discussions. Elle interroge sur le sens à donner au terme de analecte dans le titre de l'ouvrage. Le questionnement principal est de savoir pourquoi est-il nécessaire d'ajouter "de rien" pour insister sur le fait de vouloir parler de tout ? Malgré les vives discussions, la protivophilie a :

[...] décidé de maintenir cette polysémie et de ne pas entreprendre de recherches dans ce sens afin de conserver l’esprit de F. Merdjanov[2]

Cette approche rompt ainsi avec celle que la poésie, la philosophie, la politique, la religion ou la science, dépassées, ne peuvent plus offrir. La psychanalyse verrait sans doute dans la cueillette une métaphore, l'artiste contemporain un choix-objet, le militant que le recueil(le)ment, le mystique une énième soumission et les autres une absence de tout. Pour ne prendre que quelques exemples.

D'après les textes disponibles à ce jour, la protivophile semble chercher du sens dans rien.

La protivophilie n’est pas une foi ou une croyance, elle est une remise en cause permanente. La protivophilie n’est ni une science ni une théorie, elle est un doute persistant. À la grande question de savoir à quoi elle sert, le seul et unique protivophile [...] avance une réponse radicale : à rien. L’affirmation protivophile est que nous basons notre cause sur rien[5].

Notes

  1. Selon le Trésor de la langue française informatisé : analecte
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 "Vie et œuvre de F. Merdjanov" dans F. Merdjanov, Analectes de rien En ligne
  3. Une observation attentive de la faune permet rapidement de constater que d'autres espèces sont - dans ce sens - "analectes"
  4. "Elle se frottait la nature des drogues qu'on a accoutumé de bailler aux chiennes chaudes" dans Mémoires-journaux (extrait) de Pierre de L'Estoile. Tome septième. Journal de Henri IV. 1595-1601. In: Albineana, Cahiers d'Aubigné 23, 2011. Calomnie, rumeur et désinformation : l'Histoire du Père Henri, jésuite et sodomite. En ligne
  5. Pour paraphraser la célèbre réplique de l'acteur allemand Max Stirner dans son unique pièce. Jouée depuis dans de nombreux pays, elle a été maintes fois reprise dans des adaptations souvent loufoques. Max Stirner, L'unique et sa propriété, 1844 En ligne