Marie-Angélique le Blanc : Différence entre versions

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Fin octobre 1731, la captive est transférée à l'hospice Saint-Maur de Châlons-en-Champagne qui se charge de l'éducation de jeunes hominines pauvres. L'institution charitable religieuse éduque à la morale christienne et propose l'apprentissage d'un travail manuel. En tant que femelle, ce sera la couture. Le 16 juin 1732, la "''fille sauvage''" est officiellement baptisée sous les prénoms de Marie-Angélique-Memmie. Pendant plusieurs années, elle travaille dans des couvents de Champagne. Largement "''apprivoisée''" et parlant français, elle suscite toujours de la curiosité parmi les dignitaires et l'intelligentsia de son époque. De passage en Champagne en 1737, Catherine Opalinska, belle-mère du roi de France Louis XV, veut à tout prix la rencontrer pour discuter. Ravie, elle devient sa bienfaitrice. À partir de 1744, le duc d'Orléans lui accorde une aide financière régulière et soutient son envie de rejoindre les ordres. Le 23 avril 1750, elle entre au couvent des Nouvelles-Catholiques à Paris, puis rejoint le 20 janvier 1751 le noviciat de l'abbaye Sainte-Périne de Chaillot<ref>Acte - [En ligne]</ref>. Après seulement quelques mois, elle se blesse grièvement en tombant d'une fenêtre et est transférée au couvent des Hospitalières de Notre-Dame de la Miséricorde. Elle y reste plusieurs mois et y fait la connaissance de Marie-Catherine Hecquet. Mais, avec la mort du duc d'Orléans en janvier 1752, elle se retrouve rapidement dans la misère car le fils et successeur du duc baisse considérablement la pension qu'elle recevait jusqu'alors. Le projet de biographie voit le jour dans ce contexte et les ventes doivent aider financièrement Marie-Angélique-Memmie. Comme le précise La Condamine, "''l'ouvrage [est] au profit de la Demoiselle Le Blanc, dans la vûe de lui procurer une situation plus heureuse, en intéressant à son sort ceux qui liroient son aventure.''" <ref>''Mercure de France'', avril 1755 - [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600379p/f77.item En ligne]</ref> Émue par son sort, comme le fut sa propre mère, Marie Leszczynska, reine de France et femme de Louis XV, accorde une entrevue à Marie-Angélique-Memmie en septembre 1753 et lui octroie une pension annuelle de 240 livres. Par la suite, elle fait modifier son testament pour que cette pension continue d'être versée après sa mort. De cette rencontre, il reste le témoignage de Charles-Philippe d'Albert de Luynes qui, dans ses mémoires, la décrit "''petite, d'une figure commune, les yeux vifs, parl[ant] beaucoup et vivement.''" <ref>''Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis XV (1735-1758)'', tome 13, p 70-72 - [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206438b/f75.item En ligne]</ref> Elle rappelle "''qu'elle a eu une compagne qui n'étoit pas sa sœur, qu'elles passoient tout leur temps, c'est-à-dire toutes les nuits, à chercher de quoi vivre; [...] qu'elle vivoit avec sa compagne dans le même bois, mais point ensemble; qu'elles étoient souvent fort éloignées l'une de l'autre et qu'elles s'appeloient quelquefois, principalement pour des occasions de chasse, par des cris de la gorge fort aigres et fort difficiles à imiter; elle prétend qu'elles s'entendoient par ces cris qui avoient différentes significations.''"
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Fin octobre 1731, la captive est transférée à l'hospice Saint-Maur de Châlons-en-Champagne qui se charge de l'éducation de jeunes hominines pauvres. L'institution charitable religieuse éduque à la morale christienne et propose l'apprentissage d'un travail manuel. En tant que femelle, ce sera la couture. Le 16 juin 1732, la "''fille sauvage''" est officiellement baptisée sous les prénoms de Marie-Angélique-Memmie. Pendant plusieurs années, elle travaille dans des couvents de Champagne. Largement "''apprivoisée''" et parlant français, elle suscite toujours de la curiosité parmi les dignitaires et l'intelligentsia de son époque. De passage en Champagne en 1737, Catherine Opalinska, belle-mère du roi de France Louis XV, veut à tout prix la rencontrer pour discuter. Ravie, elle devient sa bienfaitrice. À partir de 1744, le duc d'Orléans lui accorde une aide financière régulière et soutient son envie de rejoindre les ordres. Le 23 avril 1750, elle entre au couvent des Nouvelles-Catholiques à Paris, puis rejoint le 20 janvier 1751 le noviciat de l'abbaye Sainte-Périne de Chaillot<ref>Acte - [En ligne]</ref>. Après seulement quelques mois, elle se blesse grièvement en tombant d'une fenêtre et est transférée au couvent des Hospitalières de Notre-Dame de la Miséricorde. Elle y reste plusieurs mois et y fait la connaissance de Marie-Catherine Hecquet. Mais, avec la mort du duc d'Orléans en janvier 1752, elle se retrouve rapidement dans la misère car le fils et successeur du duc baisse considérablement la pension qu'elle recevait jusqu'alors. Le projet de biographie voit le jour dans ce contexte et les ventes doivent aider financièrement Marie-Angélique-Memmie. Comme le précise La Condamine, "''l'ouvrage [est] au profit de la Demoiselle Le Blanc, dans la vûe de lui procurer une situation plus heureuse, en intéressant à son sort ceux qui liroient son aventure.''" <ref>''Mercure de France'', avril 1755 - [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600379p/f77.item En ligne]</ref> Émue par son sort, comme le fut sa propre mère, Marie Leszczynska, reine de France et femme de Louis XV, accorde une entrevue à Marie-Angélique-Memmie en septembre 1753 et lui octroie une pension annuelle de 240 livres <ref>Par la suite, elle fait modifier son testament pour que cette pension continue d'être versée après sa mort.</ref>. De cette rencontre, il reste le témoignage de Charles-Philippe d'Albert de Luynes qui, dans ses mémoires, la décrit "''petite, d'une figure commune, les yeux vifs, parl[ant] beaucoup et vivement.''" <ref>''Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis XV (1735-1758)'', tome 13, p 70-72 - [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k206438b/f75.item En ligne]</ref> Lors de la discussion, elle rappelle "''qu'elle a eu une compagne qui n'étoit pas sa sœur, qu'elles passoient tout leur temps, c'est-à-dire toutes les nuits, à chercher de quoi vivre; [...] qu'elle vivoit avec sa compagne dans le même bois, mais point ensemble; qu'elles étoient souvent fort éloignées l'une de l'autre et qu'elles s'appeloient quelquefois, principalement pour des occasions de chasse, par des cris de la gorge fort aigres et fort difficiles à imiter; elle prétend qu'elles s'entendoient par ces cris qui avoient différentes significations.''" Selon lui, dans l'urgence de sa misère, Marie-Angélique-Memmie est actuellement hébergée par "''Mme Meyra, dont le mari est président de la chambre des comptes.''" <ref>Peut-être fait-il allusion à l'aristocrate Aymar Jean de Nicolaÿ, premier président de la chambre des comptes entre 1734 et 1768 ?</ref>
  
 
Vendu 1 livre, l'ouvrage de 72 pages est un succès lors de sa parution en 1755.
 
Vendu 1 livre, l'ouvrage de 72 pages est un succès lors de sa parution en 1755.

Version du 29 mars 2026 à 17:17

Marie-Angélique le Blanc (Мари-Анжелик ле Блан en macédonien - Maria-Angelica le Blanc en nissard) Surnom d'une Homininis lupus feralis domestiquée selon un ABC des Loupiotes.


[En cours de rédaction]


Loupiotes

De lioube. Petit instrument en fer qui se pique dans le mur de la cheminée pour tenir la chandelle. [1]
Lum.jpg

Après plus d'un millénaire d'hégémonie sur la production intellectuelle et culturelle en Europe, la mythologie christienne est contestée dans ce qu'elle offre et permet de produire de connaissances sur l'existant, sur la réalité des choses. Généralement, la fin du XVIIe siècle après son messie — alias JC [2] — est considéré comme un tournant dans le sociétés d'hominines [3] qui s'y réfèrent. Avec un léger décalage dans le temps, le même phénomène se produit dans les sociétés d'hominines se référant à la mythologie moïsienne. Les arts et la littérature, les sciences et la philosophie, sont de plus en plus traversées de réflexions nouvelles qui portent atteinte à la légitimité de l'autorité morale, culturelle et politique du fait religieux et de son narratif. De fait, la contestation égratigne les autorités religieuses mais aussi les autorités politiques qui fondent leurs légitimités sur la mythologie christienne. Le XVIIIe siècle voit l'émergence de multiples approches qui tentent de rompre avec les démarches intellectuelles autorisées des siècles précédents. Selon l'historiographie classique, il est le Siècle des Lumières dans l'univers christien et la Haskala [4] dans le moïsien. L'un en référence à la lumière qui éclaire et l'autre avec le sens de éducation. Dans ces sociétés d'hominines hiérarchisées socialement et économiquement, le phénomène concerne les classes bourgeoises et l'aristocratie. Tout le monde a bien compris qu'une loupiote [5] ne fonctionne pas par la volonté divine ou la magie. L'immense majorité des hominines est occupée à survivre et être le biocarburant du confort intellectuel et matériel des hautes strates de la pyramide sociale. L’Encyclopédie fait la synthèse des connaissances nouvelles: Personne ne conteste qu'il est plus facile de réfléchir posément avec le ventre plein. La digestion est plus propice à laisser flâner l'esprit que ne l'est la sensation de faim. De plus, il faut du temps libre pour cela. N'est pas membre du club des loupiotes qui veut. Parmi les strates supérieures, des narratifs et des légitimités se réinventent, produisant tout une somme de savoirs qui consolident leur pouvoir politique. L'ordre (social) des choses n'est pas bouleversé. L'universalisme fait croire que penser à Rien et penser à rien sont choses égales. Une pensée abstraite qui pose une équivalence fallacieuse entre l'absence et le manque. Selon la place sociale à laquelle appartiennent les hominines, le sens du texte ci-dessous peut être très différent. Avec autant de différence qu'entre une personne protivophile et une dépressive.

Vous pensiez que je suis quelqu'une de spéciale.
Mais la vérité est que je ne suis rien
Et ma force unique est que
Je sais que je ne suis rien.
J'ai des amis qui ne sont rien non plus.
Et on se rappelle souvent
Que nous ne sommes rien. [6]

Les Loupiotes ne sont pas des outils incendiaires. Elles ne sont pas une rupture totale avec leur époque ou les précédentes. Elles en reproduisent les biais et les travers. Multiples, sans homogénéité et parfois même contradictoires, elles alimentent les critiques de l'existant. Avec un regard rétrospectif, il est notable que la pensée des Lumières a finalement nourrit tout autant des discours réformateurs, conservateurs ou révolutioneurs dans de multiples pans des sociétés d'hominines qui s'éclairent avec. L'expansion coloniale est un humanisme et le racisme est scientifique. Tout comme la lutte anticoloniale et la critique du racisme, par exemple.

Loupiote ?

Dérivé du canis lupus, le loup. Loupeau ou loupiot sont synonymes de louveteau [7]

Dans la matinée du 15 décembre 1775 à Paris, Marie-Angélique le Blanc est retrouvée mourante dans son appartement. Le voisinage fait appel à Nicolas Mellet, chirurgien de la rue Notre-Dame de Nazareth, "pour faire en sorte de la secourir... cela ne lui a rien fait pourquoy il a envoyé les voisins... chercher Lextremonction... et etant remonté peu de temps après il a trouvé ladite demoiselle Leblanc expirée." [8] Après les rituels religieux autour de sa mort puis de son enterrement, viennent les rituels juridiques. Une enquête est lancée afin de déterminer les raisons de cette mort subite. Les conclusions ne retiennent ni "coups et blessures", ni "empoisonnement" pour expliquer son décès soudain. Du point de vue administratif, ses quelques biens mobiliers sont répertoriés mais elle n'a pas de progéniture qui peuvent en hériter. Dans ce cas, les biens échoient au roi Atetracourcix, connu aussi sous le nom de Louis XVI. Les archives conservent la trace d'une hominine femelle [9] qui tentent de bénéficier d'une disposition particulière du droit de succession. En guise de récompense, un quart des biens en déshérence revient à quiconque prévient de la mort imminente d'une personne sans possibilité d'héritage. Être pauvre n'est pas si facile que ça se disent celleux qui ne le sont pas et s'éclairent aux loupiotes. Marie-Angélique le Blanc est rentière et vit confortablement. Elle bénéficie encore de la renommée de Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de dix ans [10], un ouvrage publié en 1755. Le texte est signé Madame H....T et raconte la vie de Marie-Angélique. Réédité rapidement, il est traduit en allemand en 1756 [11] et en anglais en 1760 [12]. La signature anonyme ne convainc pas les hominines qui croient plutôt y voir la plume de La Condamine. Celui-ci dément en 1755 être l'auteur du texte, mais précise que "la part que j'ai à cette production est d'avoir fait quelques changemens au manuscrit dont j'ai encore l'original, d'en avoir retranché quelques faits qui n'étoient fondés que sur des oui-dire & dénués de vraisemblance." [13] L'autrice se nomme Marie-Catherine Hecquet, née Homassel, une bourgeoise religieuse et lettrée [14]. À travers ce récit, elle se fait biographe de celle qui n'est pas encore Marie-Angélique le Blanc et qui se fait capturer début septembre 1731 à proximité du petit village de Songy [15], près de Châlons-en-Champagne, dans le nord-est de la France.

Pour construire son récit biographique, Marie-Catherine Hecquet dit qu'elle se base sur ce qu'elle a "pu recueillir de plus certain sur son histoire, tant par les questions [qu'elle] lui [a] faites en différents temps que par le témoignage des personnes qui l'ont connue quand elle commença à parler français." [10] Que ce soit dans Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de dix ans, publiée en 1755, ou dans la revue Mercure de France de décembre 1731 [16], le narratif de sa capture manque de cohérence. Les exagérations semblent aussi de mise dans les faits relatés et les descriptions de la future Marie-Angélique. Une différence très importante entre ces deux documents est l'âge de la capturée. Dix ans dans un cas et "environ 18 ans" dans l'autre. L'acte de baptême [17], daté de 1732, indique qu'elle a 19 ans mais le document original est raturé et l'âge de 11 ans est écrit à la place. Mais sur l'original de la copie de cet acte, il est écrit "environ vingt ans" [18]. Sur un document administratif de 1750, il est stipulé qu'elle est alors âgée de 23 ans — avec pour conséquence logique d'avoir seulement 4 ou 5 ans lorsqu'elle se fait capturer en 1731. L'écart entre les âges n'est pas dans la nuance. Difficile pourtant de confondre une hominine femelle prépubère d'une dizaine d'années et une jeune adulte de presque vingt ans. La conclusion qui s'impose est que l'un est volontairement mensonger. Le contenu de l'article du Mercure de France explicitant les faits interroge aussi. Il raconte qu'un berger découvre une "fille sauvage" dans les vignes. Elle a déjà été vue quelques jours auparavant "au-dessus de Vitry-le-François, accompagnée d'une negre". Capturée par ruse, elle est amenée au châtelain local, le vicomte d'Epinoy, qui décide de la garder. Pendant les deux mois où elle est au château, elle suscite la curiosité. Elle se nourrit de racines et de viande crue issue de sa chasse. Sachant nager, elle pêche poissons et grenouilles qu'elle mange vivantes, et ne semble pas attirée par la nourriture cuite. Sa réaction devant un morceau de manioc qui lui est présenté fait dire qu'elle est originaire des Antilles. L'auteur de l'article, qui prétend avoir rencontré la "fille sauvage", rapporte les quelques mots qu'elle semble connaître et décrit, de fait, une sorte de langage naïf teinté de mythologie christienne. La lune est "la lumière de la bonne Vierge", un chapelet est "un grand Chime", une église le "paradis terrestre" et une eau-de-vie est un "brûle ventre". Il note ce qu'il appelle du "patois de son pays". Ainsi, un filet de pêche se dit debily et "Bonjour, fille" se dit "Yas yas, fioul". La description physique mentionne une taille moyenne, "avec le teint un peu bazanné; cependant sa peau au haut du bras paroît blanche, aussi bien que la gorge; elle a les yeux vifs et bleus." Des descriptions fantasmées parlent de pouce de la main plus développé — ce qui favorise le déplacement dans les arbres et facilite le ramassage des racines — et la repousse de la dentition après la perte complète de ses dents du fait de son passage de crudivore à une nouvelle alimentation [10]. Dès octobre 1731, l'histoire de la "fille sauvage de Songy" est reprise à travers l'Europe par plusieurs gazettes manuscrites et "journaux" francophones.

Sauvage.jpg

Fin octobre 1731, la captive est transférée à l'hospice Saint-Maur de Châlons-en-Champagne qui se charge de l'éducation de jeunes hominines pauvres. L'institution charitable religieuse éduque à la morale christienne et propose l'apprentissage d'un travail manuel. En tant que femelle, ce sera la couture. Le 16 juin 1732, la "fille sauvage" est officiellement baptisée sous les prénoms de Marie-Angélique-Memmie. Pendant plusieurs années, elle travaille dans des couvents de Champagne. Largement "apprivoisée" et parlant français, elle suscite toujours de la curiosité parmi les dignitaires et l'intelligentsia de son époque. De passage en Champagne en 1737, Catherine Opalinska, belle-mère du roi de France Louis XV, veut à tout prix la rencontrer pour discuter. Ravie, elle devient sa bienfaitrice. À partir de 1744, le duc d'Orléans lui accorde une aide financière régulière et soutient son envie de rejoindre les ordres. Le 23 avril 1750, elle entre au couvent des Nouvelles-Catholiques à Paris, puis rejoint le 20 janvier 1751 le noviciat de l'abbaye Sainte-Périne de Chaillot[19]. Après seulement quelques mois, elle se blesse grièvement en tombant d'une fenêtre et est transférée au couvent des Hospitalières de Notre-Dame de la Miséricorde. Elle y reste plusieurs mois et y fait la connaissance de Marie-Catherine Hecquet. Mais, avec la mort du duc d'Orléans en janvier 1752, elle se retrouve rapidement dans la misère car le fils et successeur du duc baisse considérablement la pension qu'elle recevait jusqu'alors. Le projet de biographie voit le jour dans ce contexte et les ventes doivent aider financièrement Marie-Angélique-Memmie. Comme le précise La Condamine, "l'ouvrage [est] au profit de la Demoiselle Le Blanc, dans la vûe de lui procurer une situation plus heureuse, en intéressant à son sort ceux qui liroient son aventure." [20] Émue par son sort, comme le fut sa propre mère, Marie Leszczynska, reine de France et femme de Louis XV, accorde une entrevue à Marie-Angélique-Memmie en septembre 1753 et lui octroie une pension annuelle de 240 livres [21]. De cette rencontre, il reste le témoignage de Charles-Philippe d'Albert de Luynes qui, dans ses mémoires, la décrit "petite, d'une figure commune, les yeux vifs, parl[ant] beaucoup et vivement." [22] Lors de la discussion, elle rappelle "qu'elle a eu une compagne qui n'étoit pas sa sœur, qu'elles passoient tout leur temps, c'est-à-dire toutes les nuits, à chercher de quoi vivre; [...] qu'elle vivoit avec sa compagne dans le même bois, mais point ensemble; qu'elles étoient souvent fort éloignées l'une de l'autre et qu'elles s'appeloient quelquefois, principalement pour des occasions de chasse, par des cris de la gorge fort aigres et fort difficiles à imiter; elle prétend qu'elles s'entendoient par ces cris qui avoient différentes significations." Selon lui, dans l'urgence de sa misère, Marie-Angélique-Memmie est actuellement hébergée par "Mme Meyra, dont le mari est président de la chambre des comptes." [23]

Vendu 1 livre, l'ouvrage de 72 pages est un succès lors de sa parution en 1755.

Loupiote

Forme féminisée de loupiot, enfant. [24]


Notes

  1. Lioube
  2. JC
  3. hominines
  4. Haskala
  5. loupiote
  6. Lilit Petrosyan. Cité dans KarAdaRvishtchinA.(d)Ébauche de géopo(l)étique caucasienne, à paraître.
  7. Loupeau
  8. Archives nationales. Série Y, carton 14470
  9. femelle
  10. 10,0 10,1 et 10,2 Histoire d'une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l'âge de dix ans, 1755 - [En ligne]
  11. Merkwürdiges Leben und Begebenheiten eines in der Wildniß aufgewachsenen Maedgens von zehn Jahren
  12. An account of a savage girl caught wild in the woods of Champagne
  13. Mercure de France, avril 1755 - En ligne
  14. (1686-1764). Elle rédige une biographie de sa tante paternelle Vie de Madame Michelle Homassel, veuve Fontaine. Nicolas Lyon-Caen, Un Roman bourgeois sous Louis XIV. Récits de vies marchandes et mobilité sociale: les itinéraires des Homassel, Limoges, Pulim, 2008
  15. Songy
  16. Mercure de France, décembre 1731 - [En ligne]
  17. Archives municipales de Châlons-en-Champagne, GG 126
  18. Archives de la Marne, 2 E 119 / 35
  19. Acte - [En ligne]
  20. Mercure de France, avril 1755 - En ligne
  21. Par la suite, elle fait modifier son testament pour que cette pension continue d'être versée après sa mort.
  22. Mémoires du duc de Luynes sur la Cour de Louis XV (1735-1758), tome 13, p 70-72 - En ligne
  23. Peut-être fait-il allusion à l'aristocrate Aymar Jean de Nicolaÿ, premier président de la chambre des comptes entre 1734 et 1768 ?
  24. Loupiot