Outrage

De wikimerdja
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Outrage ( en macédonien - otratge en nissard)


[En cours de rédaction]


Étymologies

Sans grande originalité, outrage se décompose en outr- et le suffixe -age. La racine provient du latin ultra qui a le sens de "au-delà de" et selon les étymologistes, jamais à cours d'imagination, dérive de *ulter. En linguistique, l'astérisque est utilisé afin de préciser que le terme est reconstruit, c'est-à-dire qu'il est probable mais jamais réellement attesté dans l'usage. Pour les latinistes ultra est la forme adjectivale de *ulter qui, toutes deux, introduisent une idée de distance ou d'absence de proximité. Le français contemporain utilise encore ultérieur ou ultime, respectivement "ce qui est après" et "ce qui est en dernier", et l'adjectif de outremer— un euphémisme qui en France métropolitaine désigne les territoires colonisés — est ultramarin [1]. Lorsqu'il n'y a pas d'épicènie, il existe des versions féminisées avec un e final ou avec un suffixe adéquat.

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La notion de distance entre deux choses est présente dans d'autres dérivés de cette même racine latine. Par exemple, autre, autrui, altérité, altruisme ou alter ego qui expriment un rapport de distance entre soi et ce qui entoure. Les lexiques d'anciennes pratiques linguistiques francophones regorgent de façons différentes de noter des dérivés de cette racine, aujourd'hui disparus. Des mots d'une époque où altrui [2] s'écrivait altrement et où ultracrépidarien n'existait pas encore. Les dictionnaires actuels listent les nombreuses formes qui subsistent. Altresitost a fait place à aussitôt, et altresi à aussi. La disparition des pages roses [3] au milieu des dictionnaires Larousse risquerait de rendre incompréhensible nombre de locutions latines — dont celles avec ultra. Dès 1985, dans son ouvrage Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis [4], le psychosociologue Pierre Desproges pointe subtilement ce que cela invisibilise de l'inconscient collectif et, sans le savoir, préfigure le mouvement #Balance ton porc [5]. Il cite deux exemples caractéristiques. "Ad bitam aeternam, amen" devenant "Tant qu’on baise, je ne dis pas non" [6] plutôt que "Pour la vie éternelle, amen" et "Mens sana in corpore salo" interprété comme "En tout homme, il y a un cochon qui sommeille" [7] plutôt que "Esprit sain dans un corps sain". L'un des risques indirects d'une telle perte est que maintenant il est courant de penser que "Nec plus ultra" signifie "Trop beau ton survet" et non "Il n’est rien de mieux", ou que Ne sutor ultra crepidam est à l'origine du mot ultracrépidarien.

Nil ultra [8]
Rien de plus

Mauvais exemple

Notes

  1. ultramarin
  2. altrui
  3. pages roses
  4. Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis
  5. "Balance ton porc"
  6. Ad bitam aeternam, amen
  7. Mens sana in corpore salo
  8. Attribué à Cicéron