Outrage : Différence entre versions
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| − | Au cours de son évolution, la langue française a largement utilisé ''outre'' pour composer nombre de mots de son lexique. ''Outre'' est devenu préposition ou préfixe, et est à la base de noms, de verbes, d'adjectifs et d'adverbes. Dans tous les cas, son sens reste en lien avec l'idée de dépassement, de franchissement d'une limite. En tant que préposition, l'emploi le plus courant de ''outre'' se retrouve dans ''outre-Rhin'' ou ''outre-Atlantique''. Ou encore ''outre-tombe''. Parmi les locutions, notons par exemple ''passer outre'' et ''outre mesure''. Et aussi ''en outre''. Les formes verbales vont de ''outrer'' à ''outrager'', en passant par ''outrepasser''. Pour les nominales, citons par exemple ''outrage'', ''outrance'' et ''outrecuidance''. Pour n'en citer que quelques unes, les dictionnaires historiques mentionnent des formes aujourd'hui inusitées tel que ''outrebeü'', ''outredouté'' ou ''outrevieux'', respectivement "ivre", "extrêmement redouté" et "d'un âge très avancé". Avec un sens similaire, ''transpercer'' a pris le dessus sur ''outrepercer''. | + | Au cours de son évolution, la langue française a largement utilisé ''outre'' pour composer nombre de mots de son lexique. ''Outre'' est devenu préposition ou préfixe, et est à la base de noms, de verbes, d'adjectifs et d'adverbes. Dans tous les cas, son sens reste en lien avec l'idée de dépassement, de franchissement d'une limite. En tant que préposition, l'emploi le plus courant de ''outre'' se retrouve dans ''outre-Rhin'' ou ''outre-Atlantique''. Ou encore ''outre-tombe''. Parmi les locutions, notons par exemple ''passer outre'' et ''outre mesure''. Et aussi ''en outre''. Les formes verbales vont de ''outrer'' à ''outrager'', en passant par ''outrepasser''. Pour les nominales, citons par exemple ''outrage'', ''outrance'' et ''outrecuidance''. Pour n'en citer que quelques unes, les dictionnaires historiques mentionnent des formes aujourd'hui inusitées tel que ''outrément'' <ref>"Outrément" sur le ''Littré'' - [https://www.littre.org/definition/outr%C3%A9ment En ligne]</ref>, ''outrebeü'', ''outredouté'' ou ''outrevieux'', respectivement "d'une façon outrée", "ivre", "extrêmement redouté" et "d'un âge très avancé". Avec un sens similaire, ''transpercer'' a pris le dessus sur ''outrepercer'' <ref>"Outrepercer" sur le ''Littré'' - [https://www.littre.org/definition/outre-percer En ligne]</ref>. |
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| + | De manière générale, l'usage de ''outre'' et de la plupart de ses dérivés appartiennent au registre de langue dit "soutenu" — c'est-à-dire qu'ils sont peu employés par la grande majorité des francophones. | ||
== Mauvais exemple == | == Mauvais exemple == | ||
Version du 3 mars 2026 à 15:43
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Outrage ( en macédonien - otratge en nissard)
ÉtymologiesSans grande originalité, outrage se décompose en outr- et le suffixe -age. La racine provient du latin ultra qui a le sens de "au-delà de" et selon les étymologistes, jamais à cours d'imagination, dérive de *ulter. En linguistique, l'astérisque est utilisé afin de préciser que le terme est reconstruit, c'est-à-dire qu'il est probable mais jamais réellement attesté dans l'usage. Pour les latinistes ultra est la forme adjectivale de *ulter qui, toutes deux, introduisent une idée de distance ou d'absence de proximité. Le français contemporain utilise encore ultérieur ou ultime, respectivement "ce qui est après" et "ce qui est en dernier", et l'adjectif de outremer— un euphémisme qui en France métropolitaine désigne les territoires colonisés — est ultramarin [1]. Lorsqu'il n'y a pas d'épicènie, il existe des versions féminisées avec un e final ou avec un suffixe adéquat. La notion de distance entre deux choses est présente dans d'autres dérivés de cette même racine latine. Par exemple, autre, autrui, altérité, altruisme ou alter ego qui expriment un rapport de distance entre soi et ce qui entoure. Les lexiques d'anciennes pratiques linguistiques francophones regorgent de façons différentes de noter des dérivés de cette racine, aujourd'hui disparus. Des mots d'une époque où altrui [2] s'écrivait altrement et où ultracrépidarien n'existait pas encore. Les dictionnaires actuels listent les nombreuses formes qui subsistent. Altresitost a fait place à aussitôt, et altresi à aussi. La disparition des pages roses [3] au milieu des dictionnaires Larousse qui risquerait de rendre incompréhensible nombre de locutions latines — dont celles avec ultra — est une peur intergénérationnelle. Dès 1985, dans son ouvrage Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis [4], le psychosociologue Pierre Desproges pointe subtilement ce que cela dit de l'inconscient collectif et, sans le savoir, préfigure le mouvement #Balance ton porc [5]. Inquiet, Pierre Desproges appartient à cette génération d'hominines pour qui les pages roses sont incontournables et internet inimaginable. Sa démonstration s'appuie sur deux exemples caractéristiques. "Ad bitam aeternam, amen" devenant "Tant qu’on baise, je ne dis pas non" plutôt que "Pour la vie éternelle, amen" [6] et "Mens sana in corpore salo" interprété comme "En tout homme, il y a un porc qui sommeille" plutôt que "Un esprit sain dans un corps sain" [7]. Sans pages roses, ni internet, comment vérifier si "Nec plus ultra" signifie "Il n’est rien de mieux" et non "Trop belles tes Nike", ou si Ne sutor ultra crepidam est bien à l'origine du mot ultracrépidarien ?
Au cours de son évolution, la langue française a largement utilisé outre pour composer nombre de mots de son lexique. Outre est devenu préposition ou préfixe, et est à la base de noms, de verbes, d'adjectifs et d'adverbes. Dans tous les cas, son sens reste en lien avec l'idée de dépassement, de franchissement d'une limite. En tant que préposition, l'emploi le plus courant de outre se retrouve dans outre-Rhin ou outre-Atlantique. Ou encore outre-tombe. Parmi les locutions, notons par exemple passer outre et outre mesure. Et aussi en outre. Les formes verbales vont de outrer à outrager, en passant par outrepasser. Pour les nominales, citons par exemple outrage, outrance et outrecuidance. Pour n'en citer que quelques unes, les dictionnaires historiques mentionnent des formes aujourd'hui inusitées tel que outrément [9], outrebeü, outredouté ou outrevieux, respectivement "d'une façon outrée", "ivre", "extrêmement redouté" et "d'un âge très avancé". Avec un sens similaire, transpercer a pris le dessus sur outrepercer [10]. De manière générale, l'usage de outre et de la plupart de ses dérivés appartiennent au registre de langue dit "soutenu" — c'est-à-dire qu'ils sont peu employés par la grande majorité des francophones. Mauvais exempleNotes |