Le Rhien : Différence entre versions
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| − | L'actuelle région administrative française de Bourgogne-Franche-Comté est constituée des deux régions historiques de Bourgogne et de Franche-Comté — réunies en 2016 après JC<small><sup>Ⓒ</sup></small> <ref>JC<small><sup>Ⓒ</sup></small></ref>. Située à l'est de la France et longeant la frontière suisse, la Franche-Comté est divisée en quatre départements : Doubs, Jura, Belfort et Haute-Saône. Son territoire correspond approximativement <ref>approximativement</ref> à celui de la Comté de Bourgogne, intégrée au royaume de France en 1679. Elle ne doit pas être confondue avec le Duché de Bourgogne, qui deviendra par la suite la région Bourgogne. La capitale de la comté bourguignonne est Dole. Les actuelles villes de Besançon et de Montbéliard ayant alors des statuts différenciés — l'une est dite ville libre et l'autre est au cœur d'une comté qui porte son nom. De la fin du X<sup><small>ème</small></sup> siècle à son intégration dans le royaume de France, la comté de Bourgogne est un État féodal dépendant du Saint-Empire romain germanique. Il est issu du fractionnement progressif du royaume des Burgondes entre le VI<sup><small>ème</small></sup> et le IX<sup><small>ème</small></sup> siècle par les descendants de Charlemagne qui se répartissent les vestiges de l'empire carolingien. Entre le dépeçage du royaume burgonde et l'intégration au royaume de France, l'histoire du territoire de l'actuelle Franche-Comté est une longue suite de rivalités entre les différentes branches des familles de l'aristocratie ouest-européenne. Les mariages et les conquêtes sont les deux principaux modes d'accaparement territorial. Des procédés qui ne sont pas spécifiques à l'histoire comtoise mais s'étendent à l'ensemble du sous-continent européen. Originaires de l'est, les burgondes s'installent dans le courant du V<sup><small>ème</small></sup> siècle dans les parages du lac Léman avec l'aval de l'empire romain. Leur royaume permet ainsi d'assurer la sécurité de l'empire contre les invasions arrivant par les vallées du Rhin et du Rhône. À son apogée, ce royaume s'étend de l'actuel département de la Haute-Marne à la mer Méditerranée, et de part et d'autre de l'actuelle frontière franco-suisse. Pour son organisation interne, le royaume est divisé en comtés qui sont régis par des administrateurs issus de la noblesse, les comtes. Il périclite au début du VI<sup><small>ème</small></sup> siècle sous les coups des armées des francs mérovingiens à l'ouest et des ostrogoths par l'est. Le terme ''burgonde'' est à l'origine de celui de ''bourgogne''. Lorsque les burgondes arrivent dans la région, l'empire romain domine depuis plusieurs siècles la partie occidentale du sous-continent européen. Ses armées, puis son administration, et enfin sa culture, s'imposent progressivement aux populations d'hominines déjà présentes. Le flux et reflux de l'expansion romaine s'étale sur cinq siècles. Son extension maximum le porte de la mer Noire à l'océan Atlantique, de la mer du Nord à la Méditerranée. Ce vaste territoire romain est divisé en plusieurs provinces. Entre le Rhin et la Saône, et du lac Léman au massif des Vosges, la province de Sequania est instaurée à la fin du III<sup><small>ème</small></sup> siècle avec pour capitale Vesontio, l'antique Besançon. Elle tient son nom des Séquanes <ref>Séquanes</ref>, une population locale qui contrôle le trafic fluvial sur le Doubs, et, de par sa situation géographique, participe au flux commerciaux entre le Rhin et la Méditerranée, via la Saône et le Rhône. | + | L'actuelle région administrative française de Bourgogne-Franche-Comté est constituée des deux régions historiques de Bourgogne et de Franche-Comté — réunies en 2016 après JC<small><sup>Ⓒ</sup></small> <ref>JC<small><sup>Ⓒ</sup></small></ref>. Située à l'est de la France et longeant la frontière suisse, la Franche-Comté est divisée en quatre départements : Doubs, Jura, Belfort et Haute-Saône. Son territoire correspond approximativement <ref>approximativement</ref> à celui de la Comté de Bourgogne, intégrée au royaume de France en 1679. Elle ne doit pas être confondue avec le Duché de Bourgogne, qui deviendra par la suite la région Bourgogne. La capitale de la comté bourguignonne est Dole. Les actuelles villes de Besançon et de Montbéliard ayant alors des statuts différenciés — l'une est dite ville libre et l'autre est au cœur d'une comté qui porte son nom. De la fin du X<sup><small>ème</small></sup> siècle à son intégration dans le royaume de France, la comté de Bourgogne est un État féodal dépendant du Saint-Empire romain germanique. Il est issu du fractionnement progressif du royaume des Burgondes entre le VI<sup><small>ème</small></sup> et le IX<sup><small>ème</small></sup> siècle par les descendants de Charlemagne qui se répartissent les vestiges de l'empire carolingien. Entre le dépeçage du royaume burgonde et l'intégration au royaume de France, l'histoire du territoire de l'actuelle Franche-Comté est une longue suite de rivalités entre les différentes branches des familles de l'aristocratie ouest-européenne. Les mariages et les conquêtes sont les deux principaux modes d'accaparement territorial. Des procédés qui ne sont pas spécifiques à l'histoire comtoise mais s'étendent à l'ensemble du sous-continent européen. Originaires de l'est, les burgondes s'installent dans le courant du V<sup><small>ème</small></sup> siècle dans les parages du lac Léman avec l'aval de l'empire romain. Leur royaume permet ainsi d'assurer la sécurité de l'empire contre les invasions arrivant par les vallées du Rhin et du Rhône. À son apogée, ce royaume s'étend de l'actuel département de la Haute-Marne à la mer Méditerranée, et de part et d'autre de l'actuelle frontière franco-suisse. Pour son organisation interne, le royaume est divisé en comtés qui sont régis par des administrateurs issus de la noblesse, les comtes. Il périclite au début du VI<sup><small>ème</small></sup> siècle sous les coups des armées des francs mérovingiens à l'ouest et des ostrogoths par l'est. Le terme ''burgonde'' est à l'origine de celui de ''bourgogne''. Lorsque les burgondes arrivent dans la région, l'empire romain domine depuis plusieurs siècles la partie occidentale du sous-continent européen. Ses armées, puis son administration, et enfin sa culture, s'imposent progressivement aux populations d'hominines déjà présentes. Le flux et reflux de l'expansion romaine s'étale sur cinq siècles. Son extension maximum le porte de la mer Noire à l'océan Atlantique, de la mer du Nord à la Méditerranée. Ce vaste territoire romain est divisé en plusieurs provinces. Entre le Rhin et la Saône, et du lac Léman au massif des Vosges, la province de Sequania est instaurée à la fin du III<sup><small>ème</small></sup> siècle avec pour capitale Vesontio, l'antique Besançon. Elle tient son nom des Séquanes <ref>Séquanes</ref>, une population locale qui contrôle le trafic fluvial sur le Doubs, et, de par sa situation géographique, participe au flux commerciaux entre le Rhin et la Méditerranée, via la Saône et le Rhône. Le géographe et historien grec Strabon du I<sup><small>er</small></sup> siècle avant JC<small><sup>Ⓒ</sup></small> indique que "''il y a [...] une [...] rivière, le Sequanas, qui prend sa source dans les Alpes et va se jeter dans l'Océan, après avoir coulé parallèlement au Rhin et avoir traversé tout le territoire d'un peuple de même nom compris entre le Rhin à l'est et l'Arar à l'ouest.''" <ref>Strabon, ''Géographie'', livre IV, chapitre 3 "Lugdunum et les peuples du Rhin" - [https://www.mediterranees.net/geographie/strabon/IV-3.html En ligne]</ref> Sa localisation manque de précision car les spécialistes modernes de l'histoire ancienne identifient l'Arar et le Sequanas à la Saône <ref>Saône</ref>. La première appellation étant pré-romaine et la seconde d'époque romaine. |
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Version du 2 janvier 2026 à 18:00
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Le Rhien (Рjaнa en macédonien - Lo Rien en nissard)
SommairePrécisionsLa toponymie est une discipline linguistique qui étudie les noms utilisés pour désigner les lieux. L'encyclopédie wikipédia indique qu'elle "se propose de rechercher leur ancienneté, leur signification, leur étymologie, leur évolution, leurs rapports avec la langue parlée actuellement ou avec des langues disparues."[1] Par extension, la toponymie est l'ensemble de ces noms de lieux eux-mêmes. Son étymologie est composée des racines issues du grec ancien τόπος (topos) "lieu" et de ὄνομα (onoma) "nom". La première est, par exemple, présente en français moderne dans utopie et la seconde dans pseudonyme ou acronyme. La toponymie se décline selon se quelle désigne dans la géographie d'un lieu. Il convient de parler d'hydronymie pour les cours d'eau, d'oronymie [2] pour les reliefs, d'odonymie [3] pour les voies de communication terrestres, de choronymie [4] pour des particularités géographiques, etc. Lorsque la toponymie concerne un endroit très localisé, et non plus une vaste région ou un État, il est courant de parler de microtoponymie. Une toponymie n'est pas seulement une donnée du présent, elle a une histoire. Elle évolue au cours de l'implantation des hominines [5] qui peuplent une région. Elle peut être héritée d'un peuplement plus ancien ou entièrement changée selon les usages ou le bon vouloir de nouvelles populations. Les motivations ne sont pas seulement descriptives mais revêtent aussi des dimensions politiques. Liée entre autre à l'histoire, à l'étymologie ou à l'oralité, la toponymie n'est pas une "science dure". Le risque d'erreur n'est pas nul. Tout comme les biais dans la recherche du sens premier. La décontextualisation est l'un d'eux. À l'exemple du proverbe franc-comtois ci-dessous qui, si on oublie que "le trousseau d'une fille à la campagne ne va pas sans une armoire destinée à serrer le linge, les papiers, l'argent" [6], peut renvoyer au stéréotype misogyne [7] moderne sur une soit-disant propension féminine à une garde-robe très fournie et onéreuse !
Confins du RhienL'actuelle région administrative française de Bourgogne-Franche-Comté est constituée des deux régions historiques de Bourgogne et de Franche-Comté — réunies en 2016 après JCⒸ [8]. Située à l'est de la France et longeant la frontière suisse, la Franche-Comté est divisée en quatre départements : Doubs, Jura, Belfort et Haute-Saône. Son territoire correspond approximativement [9] à celui de la Comté de Bourgogne, intégrée au royaume de France en 1679. Elle ne doit pas être confondue avec le Duché de Bourgogne, qui deviendra par la suite la région Bourgogne. La capitale de la comté bourguignonne est Dole. Les actuelles villes de Besançon et de Montbéliard ayant alors des statuts différenciés — l'une est dite ville libre et l'autre est au cœur d'une comté qui porte son nom. De la fin du Xème siècle à son intégration dans le royaume de France, la comté de Bourgogne est un État féodal dépendant du Saint-Empire romain germanique. Il est issu du fractionnement progressif du royaume des Burgondes entre le VIème et le IXème siècle par les descendants de Charlemagne qui se répartissent les vestiges de l'empire carolingien. Entre le dépeçage du royaume burgonde et l'intégration au royaume de France, l'histoire du territoire de l'actuelle Franche-Comté est une longue suite de rivalités entre les différentes branches des familles de l'aristocratie ouest-européenne. Les mariages et les conquêtes sont les deux principaux modes d'accaparement territorial. Des procédés qui ne sont pas spécifiques à l'histoire comtoise mais s'étendent à l'ensemble du sous-continent européen. Originaires de l'est, les burgondes s'installent dans le courant du Vème siècle dans les parages du lac Léman avec l'aval de l'empire romain. Leur royaume permet ainsi d'assurer la sécurité de l'empire contre les invasions arrivant par les vallées du Rhin et du Rhône. À son apogée, ce royaume s'étend de l'actuel département de la Haute-Marne à la mer Méditerranée, et de part et d'autre de l'actuelle frontière franco-suisse. Pour son organisation interne, le royaume est divisé en comtés qui sont régis par des administrateurs issus de la noblesse, les comtes. Il périclite au début du VIème siècle sous les coups des armées des francs mérovingiens à l'ouest et des ostrogoths par l'est. Le terme burgonde est à l'origine de celui de bourgogne. Lorsque les burgondes arrivent dans la région, l'empire romain domine depuis plusieurs siècles la partie occidentale du sous-continent européen. Ses armées, puis son administration, et enfin sa culture, s'imposent progressivement aux populations d'hominines déjà présentes. Le flux et reflux de l'expansion romaine s'étale sur cinq siècles. Son extension maximum le porte de la mer Noire à l'océan Atlantique, de la mer du Nord à la Méditerranée. Ce vaste territoire romain est divisé en plusieurs provinces. Entre le Rhin et la Saône, et du lac Léman au massif des Vosges, la province de Sequania est instaurée à la fin du IIIème siècle avec pour capitale Vesontio, l'antique Besançon. Elle tient son nom des Séquanes [10], une population locale qui contrôle le trafic fluvial sur le Doubs, et, de par sa situation géographique, participe au flux commerciaux entre le Rhin et la Méditerranée, via la Saône et le Rhône. Le géographe et historien grec Strabon du Ier siècle avant JCⒸ indique que "il y a [...] une [...] rivière, le Sequanas, qui prend sa source dans les Alpes et va se jeter dans l'Océan, après avoir coulé parallèlement au Rhin et avoir traversé tout le territoire d'un peuple de même nom compris entre le Rhin à l'est et l'Arar à l'ouest." [11] Sa localisation manque de précision car les spécialistes modernes de l'histoire ancienne identifient l'Arar et le Sequanas à la Saône [12]. La première appellation étant pré-romaine et la seconde d'époque romaine. Le RhienNotes
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