Riote
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Riote ( en macédonien - en nissard) Geste de premiers secours
Linguistic basisDans l'espace francophone de France de nombreuses approches sur les usages linguistiques préconisent un rejet de ce qui est dédaigneusement appelé des anglicismes. Parfois conservatrices, plus souvent réactionnaires, ces critiques considèrent la langue française actuelle comme devant être protégée d'emprunts étrangers qui la dénaturent [1]. Pour elles, cette langue est soit un objet anhistorique et fixe, soit un vestige de la glorieuse époque de Molière [2] qu'il faut préserver. Dans les deux cas, le raisonnement est fallacieux. Les pratiques linguistiques du XIIe siècle après JCⒸ [3] de Jacquouille la Fripouille [4] ne sont pas plus compréhensibles pour des hominines [5] de notre siècle que ne le sont celles du XVIIe siècle qui paraissent désuètes. N'en déplaise aux romans nationaux respectifs qui montrent l'autre comme ennemi héréditaire, qui imaginent un combat séculaire Froggies vs Rosbeefs, depuis des siècles les espaces linguistiques anglophone et francophone interfèrent et s'entrecroisent. [6] Il est possible d'écrire La story de la langue française en reconnaissant "ce que le français doit à l’anglais et vice-versa." [7] Dans cette storie, la proximité géographique et les événements historiques expliquent la rencontre. Lorsque Guillaume, duc de Normandie, et son armée traversent la Manche et partent à la conquête des îles britanniques dans le courant du XIe siècle, ils importent avec eux les pratiques linguistiques de leur région d'origine [8]. L'aristocratie normande s'impose militairement à l'aristocratie anglo-saxonne qui dirige les îles de Grande-Bretagne. Au contact des pratiques linguistiques insulaires existantes, un anglo-normand prend petit à petit de plus en plus de place dans la population qui parlent alors le vieil-anglais. Ce dernier n'est pas une langue unique mais un continuum de pratiques linguistiques germaniques des populations angles et saxonnes arrivant d'Europe du nord et qui s'installent durablement à partir du Ve siècle. Le vieil anglais s'alimente des langues celtiques, scandinaves puis latines. La nouvelle aristocratie qui s'installe pratique un anglo-normand qui se mêle à ce "vieil anglais" pour constituer le "moyen anglais" entre le XIIe et la fin du XVe siècle. Cette situation moyenâgeuse est résumée par Walter Scott dans une scène de Ivanhoé où un des personnages fait remarquer que l'usage différencié de pig ou pork — cochon ou porc — s'explique car "un porc [...] est du bon normand-français, de sorte que, tant que la bête est en vie et sous la garde d’un serf saxon, elle porte son nom saxon ; mais elle devient normande et on l’appelle porc quand elle est portée au château pour faire réjouissance aux seigneurs." [9] Le lexique est très largement emprunté au normand, à tel point que le linguiste Bernard Cerquiglini ironise en affirmant que "la langue anglaise n'existe pas, c'est du français mal prononcé." [10] Parmi les langues d'oïl du nord-ouest, le normand et le picard se singularisent par quelques traits linguistiques. [11] Ainsi, le normand conserve le w germanique alors que dans les autres langues d'oïl il se transforme en gw, puis en g. Une mutation phonologique qui explique le passage entre des formes germaniques apparentées qui donnent guerre en français, werre en anglo-normand et war en anglais. Dans son Dictionnaire de la langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Frédéric Godefroy répertorie quelques formes ayant conservé le w en parallèle de celles ayant déjà muté vers le g. [12] Le prénom Guillaume du duc de Normandie est la version "francisée" d'un prénom germanique dont la transcription anglaise est William. La plus ancienne version connue de la Chanson de Roland [13], écrite en anglo-normand au cours du XIIe siècle, le note Willalme. Dans les faits, Guillaume ne s'est jamais prénommé ainsi. Cet usage est donc un anachronisme. Pour rester dans les mêmes sonorités, une autre caractéristique des glissements phonologiques trans-Manche est le sort de ga et ja avec, pour exemple, l'anglo-normand gardin qui devient garden en anglais et s'apparente au jardin français. Sans attendre le percement du tunnel sous la Manche, le français de France a forgé des anglicismes qui sont devenus des incontournables des lexiques et dictionnaires modernes. Dans la plupart des cas, il ne s'agit pas d'emprunts mais de façonnage sur un modèle anglophone. Lorsqu'il y a emprunt, il y a glissement de sens. La méthode la plus courante est l'introduction du suffixe -ing qui est utilisé pour exprimer une action. Il est ajouté à une racine francophone ou anglophone afin de constituer un néologisme. Pour nombre d'hominines francophone, il est difficile de ne pas considérer comme français, footing, smoking, zapping, camping ou parking. Autant de mots qui ne sont pas utilisés par des anglophones. Pour qui aime se moquer des personnes âgées, il faut consulter le Dictionnaire de l'Académie française pour constater qu'il y manque footing. Alors qu'il est la dernière version officielle en date, cet ouvrage ne mentionne pas fast-food, flipper ou best-seller ! Absente, le sens de l'expression "Fingers in the nose" reste un mystère pour des anglophones. Traduction littérale de "Les doigts dans le nez !" qui signifie "Facilement !", cette expression n'a aucun sens outre-Manche. Encore plus incompréhensible que "Honni soit qui mal y pense" pour des francophones du présent qui ignorent probablement qu'il s'agit de la devise d'un ordre chevaleresque britannique actuel rédigée en anglo-normand au XIVe siècle. Sans être linguiste, il est nécessaire d'user de prudence dans la description de processus linguistiques afin de ne par se fourvoyer. Malgré les ressemblances, bouquin n'est pas un emprunt à book et le booking n'a rien à voir avec bouquiner. Le risque est de parvenir à trouver une explication étymologique plausible là où il n'y a rien. L'expression pile-poil — qui signifie exactement, précisément — dérive de l'expression au poil qui a presque le même sens, ou bien de l'anglais pilpul qui a le sens de pinaillerie, de chicanerie ? Le pilpul est un chipotage [14] et "Un poil" c'est presque rien. Déjà présent en français, le pilpoul est le nom donné à des discussions pointilleuses et longues entre spécialistes des écrits de la mythologie moïsienne. Il provient d'un mot hébreu signifiant piment.[15] Il est une discussion animée. Dans la tradition moïsienne, le pilpoul est une méthode de questionnement systématique entre deux personnes des textes de la mythologie afin d'en résoudre les inadmissibles contradictions. L'argumentaire doit les réduire à rien.
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