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| − | Les usages actuels dans la francophonie comprennent plusieurs anglicismes avec ''riot''. Les trois plus courants sont ''Pussy Riot'', ''Riot Grrrl'' et ''Riot Porn''. Le premier est un collectif féministe russe qui, dans le début des années 2010, multiplie les interventions artistiques pour dénoncer la politique en Russie et plus généralement la violence de l’État et la mainmise de la religion sur la société. Leur action la plus médiatisée est leur concert sauvage en 2012 dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. <ref>Autres exemples</ref> "''Il se trouve que les Pussy Riot font partie de cette force qui a vocation à la critique, à la création, à l’expérimentation et à la provocation incessante. Si l’on se tient à la célèbre formule de Nietzsche, nous sommes la progéniture de Dionysos voguant sur un tonneau et ne reconnaissant aucune autorité. Nous faisons partie de cette force qui ne donne pas de réponses définitives, ne proclame pas de vérités absolues. Notre fonction est uniquement de questionner.''" <ref>Lettre de Nadejda Tolokonnikova à Slavoj Žižek</ref> Œuvrant anonymement, les hominines femelles des Pussy Riot — qui peut se traduire par Chattes Émeutières — subissent une répression sévère à base d'arrestations, de tortures, de condamnations et d'emprisonnements en colonies pénitentiaires pour plusieurs d'entre elles. Les Pussy Riot se situent dans la continuité du Riot Grrrl apparu dans le début des années 1990 aux États-Unis d'Amérique. <ref>Manon Labry, ''Riot grrrls : chronique d'une révolution punk féministe'', Paris, La Découverte, 2016</ref> Mélange de musique punk-rock et de féminisme, Riot Grrrl est un mouvement informel de contestation dans lequel se forme plusieurs groupes musicaux. Bikini Girl est précurseur et son titre ''Rebel Girl'' en 1992 est un véritable hymne à la liberté pour les hominines femelles. "''Rien que dans son déhanchement on y voit la révolution.''" <ref>''Rebel Girl''</ref> Le nom Riot Grrrl puise ses racines dans le contexte des émeutes du début des années 1990 à Washington. <ref>émeutes du début des années 1990 à Washington</ref> Il est à l'origine le titre d'un fanzine créé par plusieurs jeunes hominines femelles qui comptent bien ne pas se contenter de la société ségrégationniste sexiste dans laquelle elles vivent. Le programme est simple : "''On doit faire une émeute de filles.''" À travers des journaux, des articles et des groupes musicaux, des hominines femelles s'emparent des sujets les concernant, commentent l'existence au féminin et critiquent l'androcentrisme. "''C'est PARCE QUE nous, les femmes, voulons créer des choses que NOUS aimons. On en a marre des boys band après boys band, des fanzines de mecs après fanzines de mecs, des punks mecs après punks mecs après punk... PARCE QU'ON a besoin de parler. La communication est la clé. On ne saura jamais si nous ne brisons pas nos chaînes... PARCE QUE dans tous les médias, on se voit frappées, décapitées, moquées, humiliées, bafouées, ignorées, stéréotypées, invalidantes, molestées, poignardées, étranglées et tuées. PARCE QU'UN lieu de sécurité doit être dédié aux femmes là où nous pourrons ouvrir les yeux et se confier les unes aux autres sans être menacées par cette société sexiste et toutes ces conneries du quotidien.''" <ref>Hillary Belzer, ''Words + Guitar: The Riot Grrrl Movement and Third-wave Feminism'', Georgetown University, 2004</ref> | + | Les usages actuels dans la francophonie comprennent plusieurs anglicismes avec ''riot''. Les trois plus courants sont ''Pussy Riot'', ''Riot Grrrl'' et ''Riot Porn''. Le premier est un collectif féministe russe qui, dans le début des années 2010, multiplie les interventions artistiques pour dénoncer la politique en Russie et plus généralement la violence de l’État et la mainmise de la religion sur la société. Leur action la plus médiatisée est leur concert sauvage en 2012 dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. <ref>Autres exemples</ref> "''Il se trouve que les Pussy Riot font partie de cette force qui a vocation à la critique, à la création, à l’expérimentation et à la provocation incessante. Si l’on se tient à la célèbre formule de Nietzsche, nous sommes la progéniture de Dionysos voguant sur un tonneau et ne reconnaissant aucune autorité. Nous faisons partie de cette force qui ne donne pas de réponses définitives, ne proclame pas de vérités absolues. Notre fonction est uniquement de questionner.''" <ref>Lettre de Nadejda Tolokonnikova à Slavoj Žižek</ref> Œuvrant anonymement, les hominines femelles des Pussy Riot — qui peut se traduire par Chattes Émeutières — subissent une répression sévère à base d'arrestations, de tortures, de condamnations et d'emprisonnements en colonies pénitentiaires pour plusieurs d'entre elles. Les Pussy Riot se situent dans la continuité du Riot Grrrl apparu dans le début des années 1990 aux États-Unis d'Amérique. <ref>Mathilde Carton, ''Riot Grrrl : Revolution Girl Style Now!'', Paris, Le Mot et le Reste, 2021. Manon Labry, ''Riot grrrls : chronique d'une révolution punk féministe'', Paris, La Découverte, 2016</ref> Mélange de musique punk-rock et de féminisme, Riot Grrrl est un mouvement informel de contestation dans lequel se forme plusieurs groupes musicaux. Bikini Girl est précurseur et son titre ''Rebel Girl'' en 1992 est un véritable hymne à la liberté pour les hominines femelles. "''Rien que dans son déhanchement on y voit la révolution.''" <ref>''Rebel Girl''</ref> Le nom Riot Grrrl puise ses racines dans le contexte des émeutes du début des années 1990 à Washington. <ref>émeutes du début des années 1990 à Washington</ref> Il est à l'origine le titre d'un fanzine créé par plusieurs jeunes hominines femelles qui comptent bien ne pas se contenter de la société ségrégationniste sexiste dans laquelle elles vivent. Le programme est simple : "''On doit faire une émeute de filles.''" À travers des journaux, des articles et des groupes musicaux, des hominines femelles s'emparent des sujets les concernant, commentent l'existence au féminin et critiquent l'androcentrisme. "''C'est PARCE QUE nous, les femmes, voulons créer des choses que NOUS aimons. On en a marre des boys band après boys band, des fanzines de mecs après fanzines de mecs, des punks mecs après punks mecs après punk... PARCE QU'ON a besoin de parler. La communication est la clé. On ne saura jamais si nous ne brisons pas nos chaînes... PARCE QUE dans tous les médias, on se voit frappées, décapitées, moquées, humiliées, bafouées, ignorées, stéréotypées, invalidantes, molestées, poignardées, étranglées et tuées. PARCE QU'UN lieu de sécurité doit être dédié aux femmes là où nous pourrons ouvrir les yeux et se confier les unes aux autres sans être menacées par cette société sexiste et toutes ces conneries du quotidien.''" <ref>Hillary Belzer, ''Words + Guitar: The Riot Grrrl Movement and Third-wave Feminism'', Georgetown University, 2004</ref> |
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Version du 5 mai 2026 à 18:02
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Riote ( en macédonien - en nissard) Geste de premiers secours
Linguistic basisDans l'espace francophone de France de nombreuses approches sur les usages linguistiques préconisent un rejet de ce qui est dédaigneusement appelé des anglicismes. Parfois conservatrices, plus souvent réactionnaires, ces critiques considèrent la langue française actuelle comme devant être protégée d'emprunts étrangers qui la dénaturent [1]. Pour elles, cette langue est soit un objet anhistorique et fixe, soit un vestige de la glorieuse époque de Molière [2] qu'il faut préserver. Dans les deux cas, le raisonnement est fallacieux. Les pratiques linguistiques du XIIe siècle après JCⒸ [3] de Jacquouille la Fripouille [4] ne sont pas plus compréhensibles pour des hominines [5] de notre siècle que ne le sont celles du XVIIe siècle qui paraissent désuètes. N'en déplaise aux romans nationaux respectifs qui montrent l'autre comme ennemi héréditaire, qui imaginent un combat séculaire Froggies vs Rosbeefs, depuis des siècles les espaces linguistiques anglophone et francophone interfèrent et s'entrecroisent. [6] Il est possible d'écrire La story de la langue française en reconnaissant "ce que le français doit à l’anglais et vice-versa." [7] Dans cette storie, la proximité géographique et les événements historiques expliquent la rencontre. Lorsque Guillaume, duc de Normandie, et son armée traversent la Manche et partent à la conquête des îles britanniques dans le courant du XIe siècle, ils importent avec eux les pratiques linguistiques de leur région d'origine [8]. L'aristocratie normande s'impose militairement à l'aristocratie anglo-saxonne qui dirige les îles de Grande-Bretagne. Au contact des pratiques linguistiques insulaires existantes, un anglo-normand prend petit à petit de plus en plus de place dans la population qui parlent alors le vieil-anglais. Ce dernier n'est pas une langue unique mais un continuum de pratiques linguistiques germaniques des populations angles et saxonnes arrivant d'Europe du nord et qui s'installent durablement à partir du Ve siècle. Le vieil anglais s'alimente des langues celtiques, scandinaves puis latines. La nouvelle aristocratie qui s'installe pratique un anglo-normand qui se mêle à ce "vieil anglais" pour constituer le "moyen anglais" entre le XIIe et la fin du XVe siècle. Cette situation moyenâgeuse est résumée par Walter Scott dans une scène de Ivanhoé où un des personnages fait remarquer que l'usage différencié de pig ou pork — cochon ou porc — s'explique car "un porc [...] est du bon normand-français, de sorte que, tant que la bête est en vie et sous la garde d’un serf saxon, elle porte son nom saxon ; mais elle devient normande et on l’appelle porc quand elle est portée au château pour faire réjouissance aux seigneurs." [9] Le lexique est très largement emprunté au normand, à tel point que le linguiste Bernard Cerquiglini ironise en affirmant que "la langue anglaise n'existe pas, c'est du français mal prononcé." [10] Parmi les langues d'oïl du nord-ouest, le normand et le picard se singularisent par quelques traits linguistiques. [11] Ainsi, le normand conserve le w germanique alors que dans les autres langues d'oïl il se transforme en gw, puis en g. Une mutation phonologique qui explique le passage entre des formes germaniques apparentées qui donnent guerre en français, werre en anglo-normand et war en anglais. Dans son Dictionnaire de la langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, Frédéric Godefroy répertorie quelques formes ayant conservé le w en parallèle de celles ayant déjà muté vers le g. [12] Le prénom Guillaume du duc de Normandie est la version "francisée" d'un prénom germanique dont la transcription anglaise est William. La plus ancienne version connue de la Chanson de Roland [13], écrite en anglo-normand au cours du XIIe siècle, le note Willalme. Dans les faits, Guillaume ne s'est jamais prénommé ainsi. Cet usage est donc un anachronisme. Pour rester dans les mêmes sonorités, une autre caractéristique des glissements phonologiques trans-Manche est le sort de ga et ja avec, pour exemple, l'anglo-normand gardin qui devient garden en anglais et s'apparente au jardin français. Sans attendre le percement du tunnel sous la Manche, le français de France a forgé des anglicismes qui sont devenus des incontournables des lexiques et dictionnaires modernes. Dans la plupart des cas, il ne s'agit pas d'emprunts mais de façonnage sur un modèle anglophone. Lorsqu'il y a emprunt, il y a glissement de sens. La méthode la plus courante est l'introduction du suffixe -ing qui est utilisé pour exprimer une action. Il est ajouté à une racine francophone ou anglophone afin de constituer un néologisme. Pour nombre d'hominines francophone, il est difficile de ne pas considérer comme français, footing, smoking, zapping, camping ou parking. Autant de mots qui ne sont pas utilisés par des anglophones. Pour qui aime se moquer des personnes âgées, il faut consulter le Dictionnaire de l'Académie française pour constater qu'il y manque footing. Alors qu'il est la dernière version officielle en date, cet ouvrage ne mentionne pas fast-food, flipper ou best-seller ! Absente, le sens de l'expression "Fingers in the nose" reste un mystère pour des anglophones. Traduction littérale de "Les doigts dans le nez !" qui signifie "Facilement !", cette expression n'a aucun sens outre-Manche. Encore plus incompréhensible que "Honni soit qui mal y pense" pour des francophones du présent qui ignorent probablement qu'il s'agit de la devise d'un ordre chevaleresque britannique actuel rédigée en anglo-normand au XIVe siècle. Sans être linguiste, il est nécessaire d'user de prudence dans la description de processus linguistiques afin de ne par se fourvoyer. Malgré les ressemblances, bouquin n'est pas un emprunt à book et le booking n'a rien à voir avec bouquiner. Le risque est de parvenir à trouver une explication étymologique plausible là où il n'y a rien. L'expression pile-poil — qui signifie exactement, précisément — dérive-t-elle de l'expression au poil qui a presque le même sens, ou bien de l'anglais pilpul qui a le sens de pinaillerie, de chicanerie ? Le pilpul est un chipotage [14] et "Un poil" c'est presque rien. Déjà présent en français, le pilpoul est le nom donné à des discussions pointilleuses et longues entre spécialistes des écrits de la mythologie moïsienne. Que ce soit dans sa version anglophone ou francophone, il provient d'un mot hébreu signifiant piment.[15] Il est une discussion animée. Dans la tradition moïsienne, le pilpoul est une méthode de questionnement systématique entre deux personnes des textes de la mythologie afin d'en résoudre les inadmissibles contradictions. L'argumentaire doit les réduire à rien.
ExchangesLes usages actuels dans la francophonie comprennent plusieurs anglicismes avec riot. Les trois plus courants sont Pussy Riot, Riot Grrrl et Riot Porn. Le premier est un collectif féministe russe qui, dans le début des années 2010, multiplie les interventions artistiques pour dénoncer la politique en Russie et plus généralement la violence de l’État et la mainmise de la religion sur la société. Leur action la plus médiatisée est leur concert sauvage en 2012 dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou. [16] "Il se trouve que les Pussy Riot font partie de cette force qui a vocation à la critique, à la création, à l’expérimentation et à la provocation incessante. Si l’on se tient à la célèbre formule de Nietzsche, nous sommes la progéniture de Dionysos voguant sur un tonneau et ne reconnaissant aucune autorité. Nous faisons partie de cette force qui ne donne pas de réponses définitives, ne proclame pas de vérités absolues. Notre fonction est uniquement de questionner." [17] Œuvrant anonymement, les hominines femelles des Pussy Riot — qui peut se traduire par Chattes Émeutières — subissent une répression sévère à base d'arrestations, de tortures, de condamnations et d'emprisonnements en colonies pénitentiaires pour plusieurs d'entre elles. Les Pussy Riot se situent dans la continuité du Riot Grrrl apparu dans le début des années 1990 aux États-Unis d'Amérique. [18] Mélange de musique punk-rock et de féminisme, Riot Grrrl est un mouvement informel de contestation dans lequel se forme plusieurs groupes musicaux. Bikini Girl est précurseur et son titre Rebel Girl en 1992 est un véritable hymne à la liberté pour les hominines femelles. "Rien que dans son déhanchement on y voit la révolution." [19] Le nom Riot Grrrl puise ses racines dans le contexte des émeutes du début des années 1990 à Washington. [20] Il est à l'origine le titre d'un fanzine créé par plusieurs jeunes hominines femelles qui comptent bien ne pas se contenter de la société ségrégationniste sexiste dans laquelle elles vivent. Le programme est simple : "On doit faire une émeute de filles." À travers des journaux, des articles et des groupes musicaux, des hominines femelles s'emparent des sujets les concernant, commentent l'existence au féminin et critiquent l'androcentrisme. "C'est PARCE QUE nous, les femmes, voulons créer des choses que NOUS aimons. On en a marre des boys band après boys band, des fanzines de mecs après fanzines de mecs, des punks mecs après punks mecs après punk... PARCE QU'ON a besoin de parler. La communication est la clé. On ne saura jamais si nous ne brisons pas nos chaînes... PARCE QUE dans tous les médias, on se voit frappées, décapitées, moquées, humiliées, bafouées, ignorées, stéréotypées, invalidantes, molestées, poignardées, étranglées et tuées. PARCE QU'UN lieu de sécurité doit être dédié aux femmes là où nous pourrons ouvrir les yeux et se confier les unes aux autres sans être menacées par cette société sexiste et toutes ces conneries du quotidien." [21] Notes
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