Riote : Différence entre versions

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N'en déplaise aux romans nationaux respectifs qui montrent l'autre comme ennemi héréditaire, qui imaginent un combat séculaire Froggies vs Rosbeefs, depuis des siècles les espaces linguistiques anglophone et francophone interfèrent et s'entrecroisent. La proximité géographique et les événements historiques expliquent cette rencontre. Lorsque Guillaume, duc de Normandie, et son armée traversent la Manche et partent à la conquête des îles britanniques dans le courant du XI<sup><small>e</small></sup> siècle, ils importent avec eux les pratiques linguistiques de leur région d'origine <ref>langues d'oïl</ref>. L'aristocratie normande s'impose militairement à l'aristocratie saxonne qui dirige les îles de Grande-Bretagne. Au contact des pratiques linguistiques insulaires existantes, un anglo-normand prend petit à petit de plus en plus de place dans la population, et influence ce qui allait devenir la langue anglaise moderne. Son lexique est très largement emprunté au normand, à tel point que le linguiste Bernard Cerquiglini ironise en affirmant que "''la langue anglaise n'existe pas, c'est du français mal prononcé.''" <ref>Bernard Cerquiglini, ''La Langue anglaise n'existe pas. C'est du français mal prononcé'', 2024</ref> Parmi les langues d'oïl parlées dans le nord-ouest de l'actuelle France, le normand et le picard se singularisent par quelques traits linguistiques. <ref>Ligne Joret</ref> Ainsi, le normand conserve le w germanique alors que dans les autres langues d'oïl il se transforme en gw, puis en g. Une mutation phonologique qui explique le passage entre des formes germaniques apparentées qui donnent ''guerre'' en français, ''werre'' en anglo-normand et ''war'' en anglais. Le prénom Guillaume du duc de Normandie est la version "francisée" d'un prénom germanique dont la version anglaise est William. La plus ancienne version de la ''Chanson de Roland'', écrite au cours du XII<sup><small>e</small></sup> siècle en anglo-normand, l'écrit Willalme.
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N'en déplaise aux romans nationaux respectifs qui montrent l'autre comme ennemi héréditaire, qui imaginent un combat séculaire Froggies vs Rosbeefs, depuis des siècles les espaces linguistiques anglophone et francophone interfèrent et s'entrecroisent. La proximité géographique et les événements historiques expliquent cette rencontre. Lorsque Guillaume, duc de Normandie, et son armée traversent la Manche et partent à la conquête des îles britanniques dans le courant du XI<sup><small>e</small></sup> siècle, ils importent avec eux les pratiques linguistiques de leur région d'origine <ref>langues d'oïl</ref>. L'aristocratie normande s'impose militairement à l'aristocratie saxonne qui dirige les îles de Grande-Bretagne. Au contact des pratiques linguistiques insulaires existantes, un anglo-normand prend petit à petit de plus en plus de place dans la population, et influence ce qui allait devenir la langue anglaise moderne. Son lexique est très largement emprunté au normand, à tel point que le linguiste Bernard Cerquiglini ironise en affirmant que "''la langue anglaise n'existe pas, c'est du français mal prononcé.''" <ref>Bernard Cerquiglini, ''La Langue anglaise n'existe pas. C'est du français mal prononcé'', 2024</ref> Parmi les langues d'oïl parlées dans le nord-ouest de l'actuelle France, le normand et le picard se singularisent par quelques traits linguistiques. <ref>Ligne Joret</ref> Ainsi, le normand conserve le w germanique alors que dans les autres langues d'oïl il se transforme en gw, puis en g. Une mutation phonologique qui explique le passage entre des formes germaniques apparentées qui donnent ''guerre'' en français, ''werre'' en anglo-normand et ''war'' en anglais. Le prénom Guillaume du duc de Normandie est la version "francisée" d'un prénom germanique dont la transcription anglaise est William. La plus ancienne version connue de la ''Chanson de Roland'', écrite au cours du XII<sup><small>e</small></sup> siècle en anglo-normand, l'écrit Willalme. Dans les faits, Guillaume ne s'est jamais prénommé ainsi. Cet usage est anachronique.
  
 
== Échanges ==
 
== Échanges ==

Version du 4 mai 2026 à 12:40

Riote ( en macédonien - en nissard) Geste de premiers secours


[En cours de rédaction]


Base linguistique

Dans l'espace francophone de France de nombreuses approches sur les usages linguistiques préconisent un rejet de ce qui est dédaigneusement appelé des anglicismes. Parfois conservatrices, plus souvent réactionnaires, ces critiques considèrent la langue française actuelle comme devant être protégée d'emprunts étrangers qui la dénaturent [1]. Pour elles, cette langue est soit un objet anhistorique et fixe, soit un vestige de la glorieuse époque de Molière [2] qu'il faut préserver. Dans les deux cas, le raisonnement est fallacieux. Les pratiques linguistiques du XIIe siècle après JC [3] de Jacquouille la Fripouille [4] ne sont pas plus compréhensibles pour des hominines [5] de notre siècle que ne le sont celles du XVIIe siècle qui paraissent désuètes.

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N'en déplaise aux romans nationaux respectifs qui montrent l'autre comme ennemi héréditaire, qui imaginent un combat séculaire Froggies vs Rosbeefs, depuis des siècles les espaces linguistiques anglophone et francophone interfèrent et s'entrecroisent. La proximité géographique et les événements historiques expliquent cette rencontre. Lorsque Guillaume, duc de Normandie, et son armée traversent la Manche et partent à la conquête des îles britanniques dans le courant du XIe siècle, ils importent avec eux les pratiques linguistiques de leur région d'origine [6]. L'aristocratie normande s'impose militairement à l'aristocratie saxonne qui dirige les îles de Grande-Bretagne. Au contact des pratiques linguistiques insulaires existantes, un anglo-normand prend petit à petit de plus en plus de place dans la population, et influence ce qui allait devenir la langue anglaise moderne. Son lexique est très largement emprunté au normand, à tel point que le linguiste Bernard Cerquiglini ironise en affirmant que "la langue anglaise n'existe pas, c'est du français mal prononcé." [7] Parmi les langues d'oïl parlées dans le nord-ouest de l'actuelle France, le normand et le picard se singularisent par quelques traits linguistiques. [8] Ainsi, le normand conserve le w germanique alors que dans les autres langues d'oïl il se transforme en gw, puis en g. Une mutation phonologique qui explique le passage entre des formes germaniques apparentées qui donnent guerre en français, werre en anglo-normand et war en anglais. Le prénom Guillaume du duc de Normandie est la version "francisée" d'un prénom germanique dont la transcription anglaise est William. La plus ancienne version connue de la Chanson de Roland, écrite au cours du XIIe siècle en anglo-normand, l'écrit Willalme. Dans les faits, Guillaume ne s'est jamais prénommé ainsi. Cet usage est anachronique.

Échanges

Notes

  1. Linguistes atterré·es
  2. Molière
  3. JC
  4. Jacquouille la Fripouille
  5. hominines
  6. langues d'oïl
  7. Bernard Cerquiglini, La Langue anglaise n'existe pas. C'est du français mal prononcé, 2024
  8. Ligne Joret